AfriqueA la fin du mois débutera à Paris la Conférence mondiale sur le climat, la COP21. Réunissant 195 chefs d’État et de gouvernement, elle devrait aboutir à plusieurs mesures contraignantes pour lutter contre le réchauffement climatique. L’enjeu est de taille pour le continent africain qui pourrait bénéficier d’investissements dans les énergies vertes pour son développement économique.

Des contributions inégales

Les États participants sont tenus de soumettre des contributions indiquant leurs objectifs en termes de réduction de gaz à effet de serre ainsi que les moyens d’y parvenir avant la tenue de la COP21. Les pays en voie de développement ont obtenu un délai par rapport aux pays développés, qui ont davantage les moyens matériels pour produire ce type d’études.  Sur le continent africain, cependant, rares sont les États qui ont joué le jeu. Pour l’instant, seuls trois pays africains se sont engagés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre : le Gabon, le Maroc et l’Éthiopie. L’Afrique pourrait pourtant être une des zones les plus touchées par le réchauffement climatique. Sans action politique déterminante, la température globale pourrait augmenter de 4°C d’ici la fin du siècle et les migrants climatiques en provenance d’Asie et d’Afrique se compteraient en millions.

Congo : Tosi Mpanu veut « faire réussir la COP21 » 

Ancien président du groupe Afrique aux négociations sur le climat et actuel président du groupe des PMA (pays les moins avancés), le Congolais Tosi Mpanu rappelle le faible rôle des pays africains dans le réchauffement climatique. Les pollueurs sont souvent « des pays à revenus intermédiaires qui disposent de plus de moyens, alors que 35 des 48 pays les moins avancés sont africains ». La Chine, par exemple, est responsable d’un quart des émissions de gaz à effet de serre.  « Il ne faudrait pas oublier que l’Afrique et son milliard d’habitants ne sont responsables que de 3 à 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre » continue Tosi Mpanu. Pourtant, le futur négociateur pour la République démocratique du Congo à la COP21 ne se montre pas défaitiste : « L’Afrique ne veut pas se confiner dans une posture de victime. Un de nos grands soucis est de transformer le changement climatique en opportunité de développement. » 

Le Gabon montre l’exemple 

Premier pays à avoir publié sa contribution à la COP21, le Gabon a bien compris le potentiel de croissance d’une économie fondée sur des énergies propres. La contribution fixe notamment comme objectif de limiter la croissance des émissions de gaz à effet de serre pour 2025 par rapport à leur niveau de 2010. La présidence gabonaise s’engage ainsi à réduire d’au moins 50% ses émissions par rapport au niveau qui serait atteint sans changement de politique.  Plus ambitieux encore, la contribution gabonaise prévoit également la possibilité de définir des objectifs additionnels au-delà de l’horizon actuel : pour 2030, voire 2050. Une perspective de long terme, saluée par le ministère des Affaires étrangères français qui l’estime « importante pour que la Conférence de Paris amorce une transition vers une économie mondiale sobre en carbone et plus résistante aux impacts du dérèglement climatique ».

Energies vertes : Maixent accrombessi à la chasse aux investissements 

Rien d’étonnant cependant de la part du Gabon alors que le pays entame sa transition vers les énergies vertes depuis déjà quelque temps. Les 15 et 16 octobre dernier, le service de coopération et d’action culturelle de l’Ambassade de France et l’Institut Français du Gabon (IFG) organisaient à Libreville le forum des associations environnementales, avec l’appui de nombreux partenaires, autour de trois thèmes : Déchet, eau et énergie ; préservation de l’environnement ; littoral et espaces marins. L’occasion de faire le point sur le rôle à jouer par les ONG et le cadre juridique pour recevoir des investissements.  Le Gabon s’est notamment fixé pour objectif de doubler la capacité énergétique du pays pour la porter à 1000 MW, tout en réduisant progressivement la part produite à partir des énergies fossiles. Le gouvernement, notamment grâce à la collaboration du directeur du cabinet présidentiel, Maixent Accrombessi et des ministres de l’Eau et de l’Energie, respectivement MM. Etienne Ngoubou et Désiré Guedon, tente d’obtenir les financements nécessaires aux importants investissements dans le secteur de l’électricité. Deux projets sont en cours : la centrale thermique d’Alénakiri à Libreville d’une capacité de 70 MW et le barrage Grand Poubara, au sud est du pays, d’une capacité de 160 MW. Le pays entend bien être à l’avant garde du développement durable et montrer la même détermination que Tosi Mpanu en disant « Venez investir ».  Il ne faut cependant pas crier victoire trop vite alors que beaucoup de pays du Sud ne seront pas prêts pour la COP21. Hakima El Haite, ministre marocaine déléguée chargée de l’Environnement, exprime son pessimisme : « Les pays africains, peu émetteurs, doivent aller vers des technologies sobres en carbone. Ils en sont conscients. Mais c’est bien beau de dessiner des modèles smart et sobre en carbone, encore faut-il avoir les capacités de les implanter, de les mettre en œuvre, de les pérenniser ». Une raison de plus d’attirer l’investissement et le développement économique avec des projets verts d’envergure.

Source : notre-planete.info, http://www.notre-planete.info/actualites/4375-Afrique-Congo-Gabon-COP21