Tirer profit de l’immense potentiel dont dispose le continent africain en matière d’énergies renouvelables est tributaire d’une bonne gouvernance et de la mise en place d’institutions professionnelles et spécialisées, a indiqué, le 16 mars à Dakhla, le Directeur général de l’Agence marocaine pour l’efficacité énergétique (AMEE), Said Mouline.

Une gouvernance optimale, la création d’entités dédiées spécialement au développement et à l’exploitation des énergies renouvelables et la mobilisation des forces vives des pays africains sont des éléments fondamentaux pour réussir le défi de la révolution énergétique, a expliqué M. Mouline qui intervenait lors d’une session plénière sur « les opportunités de développement pour l’Afrique dans les énergies renouvelables » organisée dans le cadre du Forum Crans Montana.

Dans cette ligne, le Maroc s’érige en modèle en Afrique et même sur le plan mondial dans la mesure où le Royaume, sous la conduite éclairée de SM le Roi Mohammed VI, a mis en place des stratégies et des plans dans le domaine énergétique et a érigé les énergies renouvelables en une priorité de premier rang, a relevé M. Mouline.
Grâce à cette volonté, il a été procédé également à la mise en place de plusieurs institutions chargées spécialement de développer ce secteur vital pour l’avenir du pays mais aussi du continent africain, a dit le DG de l’AMEE, mettant l’accent sur l’importance des investissements et de la formation des jeunes pour réduire la dépendance de l’Afrique en énergie.

S’exprimant également à cette occasion, M. Mohamed Ghazali, secrétaire général du ministère de l’Énergie, des mines et du développement durable, a souligné que l’Afrique, un continent qui souffre de problèmes mais qui suscite de l’espoir, doit exploiter son potentiel énorme en matière d’énergies renouvelables et nouvelles pour relever les défis de la croissance.
« Les africains, nous avons encore la possibilité de créer et de construire notre avenir. Notre destin est entre nos mains », a fait observer M. Ghazali, appelant à encourager les investissements dans l’économie verte et à la mise en place de pôles industriels régionaux intégrés pour réaliser l’intégration régionale.

Dans le même sillage, le directeur des Partenariats et de la coopération internationale à MASEN, M. Ali Zerouali, a passé en revue les étapes de la « révolution énergétique » au Maroc depuis 2008 et les conditions internationales ayant imposé le changement du modèle énergétique dans le Royaume.
La politique énergétique au Maroc, lancée grâce à la volonté de SM le Roi, a donné une « nouvelle dynamique » au secteur qui se positionne actuellement en tant que priorité, a poursuivi M. Zerouali, rappelant qu’une stratégie a été élaborée en la matière en collaboration avec toutes les parties prenantes.

Cette stratégie vise à porter à 42% en 2020 et 52% en 2030 la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique national, assurant que l’objectif étant de réduire de 12% la consommation de l’énergie en 2020 et 15% en 2030.
Les autres intervenants lors de cette session plénière ont souligné qu’un marché régional compétitif et le développement de grands projets d’infrastructures transfrontaliers doivent constituer une priorité dans les plans des pays africains, précisant que la révolution énergétique nécessite de nouveaux modèles de financement.
Les actions d’efficacité énergétique devant être mises dans les domaines des transports, de l’industrie et du bâtiment ont été également au débat lors de cette rencontre de haut niveau.