L’Agence marocaine pour l’efficacité énergétique (AMEE) a clôturé, le 12 avril, la phase pilote de son projet d’accompagnement de quatre établissements de formation en ingénierie pour l’intégration dans leurs cursus d’un module portant sur l’efficacité énergétique en industrie.
Le programme de développement et de déploiement de ce module a été mené dans sa phase pilote avec l’École nationale supérieure des mines de Rabat, la Faculté des sciences et techniques de Tanger et les Écoles nationales des sciences appliquées de Tanger et d’Al Hoceïma.

Ce projet, mené avec l’appui de la Coopération internationale Allemande GIZ, a pour objectif, d’une part, de contribuer aux efforts déployés en vue de doter le pays de compétences nécessaires en quantité et en qualité dans ce domaine et, d’autre part, de développer une expertise nationale capable de relever le challenge visé par le Royaume en matière d’économie d’énergie et de préservation de l’environnement.
Dans le détail, ce programme consiste au développement d’un module de formation en « Efficacité énergétique en industrie » basé sur des pratiques internationales adaptées au contexte industriel marocain ainsi qu’au renforcement des capacités des enseignants via une formation des formateurs pour pouvoir l’intégrer, par la suite, dans leurs cursus.

L’adoption de l’approche multi-établissements durant la phase pilote de ce projet vise principalement à répondre à l’objectif d’asseoir un cadre favorable pour l’initiation du réseautage, de synergie et d’échange entre les établissements partenaires, a expliqué le Directeur général de l’AMEE, Said Mouline.
L’efficacité énergétique requiert un travail de réglementation, d’accompagnement technique et financier ainsi que des actions de formation et de sensibilisation, a indiqué M. Mouline à cette occasion, soulignant que la formation est primordiale pour disposer de compétences spécialisées dans ce domaine qui joue un rôle déterminant dans la compétitivité des entreprises et de l’économie.

« Aujourd’hui c’est le cycle de formation des formateurs que nous avons clôturé. Les établissements d’ingénierie partenaires disposent, désormais, de formateurs capables de dispenser des cours théoriques et des formations pratiques dans le domaine de l’efficacité énergétique en industrie », a-t-il assuré, soulignant, à cet égard, l’importance de mettre les formations et les méthodes pédagogiques en réseau en vue de faciliter les échanges aussi bien entre les établissements d’ingénierie qu’avec les partenaires internationaux.

« Nous croyons que c’est par la formation que nous allons parvenir à renforcer les capacités, à avoir les experts et les spécialistes de demain dans ce domaine », a-t-il soutenu, notant que l’AMEE dispose d’un centre de formation qui accompagne non seulement les établissements nationaux mais également ceux d’autres pays du continent.

En développant la formation dans le domaine de l’efficacité énergétique, a-t-il insisté, l’on contribue aussi bien à la réduction de la facture énergétique des entreprises, au développement de leur compétitivité et à la promotion de l’économie verte et de l’emploi. Pour sa part, le Secrétaire général du ministère de l’Énergie, des mines et du développement durable, Mohammed Ghazali, a indiqué que l’efficacité énergétique est un pilier essentiel de la stratégie énergétique du Royaume, notant que « tout le savoir, toute l’approche et toute l’industrie de cette efficacité énergétique reposera essentiellement sur les ressources humaines, d’où l’importance de disposer de compétences qualifiées dans ce domaine ».

Le Maroc ambitionne d’atteindre des économies d’énergie de 15% à 20%, a rappelé M Ghazali, relevant que pour réaliser cet objectif, l’accent doit être mis sur l’industrie, un secteur qui représente, à lui seul, 38% de la facture énergétique nationale.
Il a également souligné que le Maroc ambitionne non seulement d’atteindre une optimisation de la consommation énergétique mais aussi de créer tout un modèle économique d’efficacité énergétique propre aux Marocains à travers lequel il contribuera à la compétitivité des entreprises industrielles et à la création d’emplois et d’une valeur ajoutée substantielle dont les retombées profiteront à l’ensemble de l’économie nationale.

Le « Réseau Forma Indus » a pour objectifs de renforcer les compétences, assurer la démultiplication des formations et des formateurs, garantir la professionnalisation, mutualiser les moyens et les services et adapter les dispositifs de formation à l’évolution des pratiques professionnelles et aux disposions réglementaires.