Les intervenants à un panel organisé, le 22 octobre à Skhirat, dans le cadre de la 4e édition des « Rencontres Africa », ont mis en avant les avancés de la stratégie énergétique marocaine, basée sur les énergies renouvelables, et les efforts et l’engagement du Royaume en faveur du développement de ces énergies en Afrique, un continent qui regorge de « ressources abondantes mais sous-exploitées ».

Lors de cette rencontre, initiée sous le thème « Défis de la transition énergétique: le rôle des énergies renouvelables », le secrétaire général du Département de l’Energie et des mines au ministère de l’Energie, des mines et de l’environnement, Mohammed Ghazali, a souligné que la stratégie énergétique marocaine, lancée par SM le Roi Mohammed VI en 2009, a permis de placer le Maroc en tant que précurseur en matière de production de l’électricité de sources vertes dans le monde, et en particulier dans le continent africain.

M. Ghazali, qui a présenté les grandes étapes de la mise en place de cette stratégie énergétique ainsi que ses objectifs, notamment de porter la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique au Maroc à 42% en 2020 et à 52% à l’horizon 2030, a mis l’accent sur le rôle des partenariats public-privé en tant que choix stratégique pour le développement des infrastructures énergétiques dans le Royaume.

Il a, en outre, relevé que la mise en œuvre d’une série de dispositions législatives, notamment la loi 13-09 sur les énergies renouvelables a permis de combler les lacunes juridiques dans le domaine des énergies renouvelables et ouvert au secteur privé le marché de la production et de la commercialisation de l’électricité à partir de sources renouvelables.

De son côté, le directeur général de l’Agence marocaine pour l’efficacité énergétique (AMEE), Saïd Mouline, a présenté les grands projets liés à l’efficacité énergétique dans les différents domaines (industrie, transport, bâtiment, agriculture…) qui sont portés par l’AMEE afin d’accompagner et réduire les gaspillages de l’énergie, et qui constituent la deuxième composante de la stratégie énergétique marocaine.
Il a également mis l’accent sur la formation et la sensibilisation, relevant que l’efficacité énergétique n’est pas que les nouvelles technologies, mais elle passe aussi par les changements de comportement.

Pour sa part, Yasmina Benmessaoud, en charge de la stratégie et la veille à l’Agence marocaine pour l’énergie durable (MASEN), a indiqué qu’environ 620 millions citoyens en Afrique n’ont pas accès à l’électricité, et qu’à l’exception de 7 pays du continent ayant un taux d’électrification supérieur à 60%, “on se retrouve avec une moyenne de 23% avec des taux qui sont inférieurs à 5% dans les zones rurales”, affirmant que les énergies renouvelables constituent un levier de développement important pour l’Afrique et peuvent répondre, de manière durable, à ce besoin.

Elle a, dans ce sens, fait savoir que MASEN a signé plusieurs accords de coopération avec des pays du continent afin de les accompagner en la matière, notant que l’Agence a noué également des partenariats avec des bailleurs de fonds, notamment avec la Banque Africaine de développement (BAD), afin d’appuyer les pays africains, en particulier ceux de la région du Sahel ciblés par « Desert to Power », dans le développement des technologies d’énergies renouvelables les plus adaptées à leurs conditions naturelles et à leurs besoins énergétiques spécifiques, et avec la Banque islamique de développement.

Mme Benmessaoud a cité également la création de la Coalition pour l’accès à l’énergie durable, portée conjointement par le Royaume et l’Éthiopie et axée sur l’accès universel à l’énergie à travers une utilisation massive d’énergies propres.