Les participants à un webinaire organisé, le 21 septembre, par le Centre Régional d’Investissement (CRI) de Marrakech-Safi, ont plaidé en faveur d’une transition vers une économie verte durable, à travers notamment le renforcement des partenariats public-privé.
Placé sous le thème “Investir vert : Opportunités et perspectives”, cet événement virtuel a pour objectif de mettre en exergue les mesures prises par les différents acteurs publics et privés, dans le cadre de leurs initiatives visant la promotion de la transition vers l’économie verte, ainsi que les offres et les opportunités d’investissement vert disponibles au niveau de la région Marrakech-Safi.
“La transition vers une économie verte n’est plus un luxe, mais une nécessité”, a souligné, à cette occasion, M. Saïd Mouline, Directeur général de l’Agence Marocaine pour l’Efficacité Énergétique (AMEE), faisant savoir que tous les secteurs sont concernés et appelés à se tourner vers un modèle plus vert “non parce que c’est la mode, mais parce que les clients le demandent”.
Les exportateurs nationaux doivent, désormais, être en cohérence avec les engagements du Pacte vert européen, qui fixe des objectifs de réduction des émissions carbone et de diversification du bouquet énergétique qui concernent l’ensemble des énergies, a expliqué M. Mouline, affirmant que le Royaume s’est déjà engagé dans une transition énergétique visant à développer les énergies renouvelables.
Dans ce sens, Mme Fatima Zahra El Khalifa, Directrice générale du Cluster Solaire, a appelé à la création de synergies entre les différents acteurs pour créer un “écosystème vert durable”, notamment à l’approche de la COP-26 et dans le contexte du Pacte vert européen et surtout, du Nouveau Modèle de Développement (NMD) qui met le développement durable au cœur des préoccupations.
“Pour contribuer à cette démarche, notre association œuvre à renforcer les compétences des différents acteurs (PMEs, TPEs, startups…) par le biais de formations spécifiques dans le domaine des énergies renouvelables, et offre l’accompagnement, l’assistance technique, la veille et l’intelligence économique”, a expliqué Mme El Khalifa, mettant en exergue l’engouement des PME, des TPE et des startups pour les “greens tech”.
Un exemple éloquent est la société “Mika” (Plastique), une entreprise engagée dans la lutte contre la pollution plastique, dont le co-fondateur M. Said Benhamida n’a pas manqué d’indiquer “qu’à notre niveau micro-échelle, nous essayons de participer au changement dans le cadre de la logique que la somme des petits projets peut contribuer à relever le défi de la transition énergétique”.
Tout en faisant savoir que “les entreprises ne survivront que si elles sont sociales, environnementales et rentables”, M. Benhamida a relevé que ce projet a commencé dans la ville d’Essaouira, où “on travaille avec plusieurs acteurs, notamment l’INDH, pour faire passer le secteur du recyclage des déchets plastiques de l’informel vers le formel”.
De son côté, M. Youssef Chaqor, PDG de “Kilimanjaro Environnement” et co-fondateur de la start-up “Inveko-Environnement”, revient sur le projet Mogagreen, qui consiste à réduire l’empreinte carbone de la ville d’Essaouira, à créer des emplois verts, à encourager l’insertion sociale, et à élaborer un modèle économique durable susceptible d’être dupliqué.
Ce projet, qui cible des générateurs de déchets à la source (20.000 foyers, 20 établissements scolaires et 300 professionnels), ambitionne de promouvoir la cité des Alizés en tant que ville innovante et durable, l’engagement des habitants dans une démarche éco- responsable, la création d’une communauté de recycleurs et de 50 emplois directs, la mise en place d’une plateforme de tri secondaire et de pré-traitement, ainsi que l’implémentation d’un modèle innovant et technologique pour la gestion et la valorisation des déchets, a-t-il expliqué.
S’agissant du côté financier, Mme Ghita Hannane, de la Société financière internationale (IFC), organisation du Groupe de la Banque Mondiale consacrée au secteur privé, a estimé que la transition verte représente une opportunité d’investissement de 265 milliards de dollars pour la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord d’ici 2030, dont un tiers est destiné à la production d’énergie renouvelable, alors que 64% sont destinés aux bâtiments verts, aux transports, à l’efficacité énergétique industrielle, à la transmission et à la distribution d’électricité et de solutions de gestion des déchets.
Dans ce sens, elle a fait savoir que l’IFC a mis en place des produits spécifiques pour accompagner les projets durables au Maroc, en procédant à l’accompagnement des gouvernements et des sociétés publiques (nationaux et locaux) dans la préparation et le développement de projets de partenariats public-privé, au soutien des collectivités territoriales, grâce à une offre de financement (sans garantie souveraine) et un ensemble de services de conseil et d’assistance technique, et à l’accompagnement des acteurs privés et publics dans l’émission d’instruments de financement durables et innovants.
Organisée par le CRI de Marrakech-Safi, la 4ème édition des CRI MEETING DAYS a été l’occasion d’engager un débat ouvert et constructif sur les moyens d’assurer une transition réussie vers une économie verte durable.
Pour rappel, la première édition de ce rendez-vous mensuel avait porté sur “la Mixité en entreprise comme levier de performance et de pérennisation”, alors que la 2è édition avait traité de l’ADN industriel de la région et la force de rebond économique du secteur industriel dans le contexte de la pandémie. Quant à la troisième édition des CRI MEETING DAYS, elle avait porté sur le thème “Ecotourisme : Résilience, Relance et Réinvention dans la région de Marrakech-Safi”.