Le conseil d’administration de la Banque mondiale a approuvé un financement de 500 millions de dollars en faveur du Maroc, destiné à soutenir l’emploi et la transition vers une économie verte, selon une annonce officielle.

Ce financement, première tranche d’un programme en trois phases, s’inscrit dans les priorités nationales, notamment la feuille de route pour l’emploi et le Nouveau Modèle de Développement. Il vise à élargir les opportunités professionnelles, en particulier pour les jeunes et les femmes, tout en renforçant l’investissement privé dans les secteurs durables.

Le programme repose sur trois axes principaux. Le premier concerne le capital humain, avec l’extension des dispositifs d’insertion professionnelle tels que « Idmaj », « Tahfiz » et « Tadarouj » à un public élargi, incluant les non-diplômés du secondaire, pour atteindre 330.000 bénéficiaires à l’horizon 2029. Il prévoit également la création de plus de 40.000 places en crèches et la génération de 1.200 emplois féminins dans ce secteur.

Le deuxième axe porte sur l’amélioration du climat des affaires, à travers la transformation des Centres régionaux d’investissement en guichets uniques, la réforme du cadre d’insolvabilité et le renforcement du rôle de Tamwilcom dans le financement des PME.

Le troisième volet vise à mobiliser les capitaux privés dans les secteurs verts, en facilitant l’accès au réseau pour les énergies renouvelables, en structurant l’activité des sociétés de services énergétiques et en modernisant le cadre réglementaire du secteur pharmaceutique à l’export.

La supervision du programme sera assurée par le gouvernement, avec un suivi basé sur des indicateurs mesurables, en coordination avec les différentes institutions concernées.

Ce financement intervient dans un contexte de croissance économique soutenue, avec une progression du PIB estimée à 4,9 % en 2025, mais marqué par des défis persistants sur le marché du travail, notamment un taux de chômage élevé chez les jeunes et les femmes.



Une session de formation sur « les systèmes d’énergie photovoltaïque et le pompage solaire au service de l’amélioration de la gestion des ressources en eau » a été lancée, le 6 avril à Fès, avec la participation d’experts et de professionnels du secteur.

Organisée par la Faculté des sciences Dhar El Mahraz, relevant de l’Université Sidi Mohammed Ben Abdellah de Fès, en partenariat avec la Chambre d’agriculture de la région Fès-Meknès, cette formation de deux jours vise à renforcer les compétences techniques liées aux énergies renouvelables et à rationaliser l’utilisation de l’eau.

Bénéficiant notamment aux étudiants, agriculteurs, ingénieurs et techniciens opérant dans ce domaine, cette formation tend aussi à accompagner les transformations environnementales et technologiques que connaît le secteur agricole.

Encadrée par des universitaires spécialisés, cette session s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre des activités du projet européen TECGREMED, financé dans le cadre du programme Erasmus+, intitulé « Compétences techniques vertes en ingénierie au profit de la région méditerranéenne ».

S’exprimant à cette occasion, le doyen de la Faculté des sciences Dhar El Mahraz de Fès, Mohamed Belkassmi, a souligné l’importance de cette formation couvrant plusieurs axes, notamment « la technologie des systèmes photovoltaïques et le pompage solaire » ainsi que « la conception précise des réseaux de pompage solaire ».

Il a ajouté que le choix de cette thématique répond aux défis climatiques actuels imposant une gestion rationnelle des ressources en eau, affirmant la volonté de l’Université Sidi Mohammed Ben Abdellah de répondre aux besoins de son environnement socio-économique, d’accompagner les professionnels et de former des générations capables de proposer des solutions techniques durables.

De son côté, Abdelali Demri, vice-président de la Chambre d’agriculture de la région Fès-Meknès, a indiqué que cette formation s’inscrit dans le cadre de l’ouverture de la Chambre sur son environnement académique et de son soutien aux efforts de la recherche scientifique au service du développement du secteur agricole au Maroc.

Il a précisé que cette session vise notamment à informer les professionnels du secteur agricole des dernières avancées technologiques en matière d’énergies renouvelables, ainsi que des données les plus récentes pour une gestion optimale des ressources en eau.

Demri a également insisté sur l’importance de l’adoption des énergies renouvelables et propres pour une meilleure gestion de l’irrigation, dans un contexte marqué par les difficultés climatiques et l’épuisement des ressources hydriques.

Quant au professeur de l’enseignement supérieur à la Faculté des sciences Dhar El Mahraz de Fès, Badr Boussofi, il a affirmé que les systèmes photovoltaïques continuent de s’imposer comme un choix stratégique face aux défis énergétiques et environnementaux, faisant de l’énergie solaire un pilier essentiel du développement durable.

Il a ajouté que l’énergie solaire présente plusieurs avantages, notamment le fait qu’elle soit propre, sans émissions de gaz à effet de serre, renouvelable et inépuisable, outre la facilité d’installation de ses systèmes et la réduction des coûts de maintenance, ainsi que sa capacité à alimenter en électricité les zones éloignées.

Concernant les systèmes de pompage solaire, M. Boussofi a expliqué qu’ils reposent sur des paramètres essentiels tels que le volume d’eau à pomper, la hauteur de refoulement et le niveau d’ensoleillement, ce qui en fait une solution efficace pour répondre aux besoins du secteur agricole, notamment en milieu rural.

Le programme de cette session comprend des exposés sur les bases des énergies renouvelables et la technologie des systèmes photovoltaïques, ainsi que des ateliers pratiques portant sur les équipements des centrales solaires et les techniques de raccordement et d’installation, aussi bien en sites isolés que connectés au réseau électrique.

Les participants découvriront également les principes et applications du pompage solaire, ainsi que les méthodes de détermination des besoins en eau et de sélection des équipements appropriés.





La ville de Chefchaouen a été désignée parmi les 20 premières villes au monde engagées dans la transition vers le zéro déchet, une initiative du Conseil consultatif du Secrétaire général de l’ONU sur le zéro déchet, soutenue par ONU-Habitat et le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE).

Selon un communiqué du PNUE, basé à Nairobi, l’initiative « 20 villes vers le zéro déchet » met en lumière les villes qui font preuve d’approches ambitieuses et novatrices en matière de réduction des déchets, de promotion des solutions d’économie circulaire et de construction de systèmes urbains plus durables, résilients et inclusifs.

Cette reconnaissance souligne l’engagement de la ville de Chefchaouen, comme celui des autres villes, dans la mise en œuvre d’un large éventail de solutions, notamment la prévention du gaspillage alimentaire, la gestion des déchets organiques, des modèles de recyclage inclusifs, des politiques visant à réduire les produits à usage unique et des initiatives d’engagement communautaire pour favoriser un changement de comportement.

Lors de la cérémonie de présentation de ces 20 villes pionnières, José Manuel Moller, vice-président du Conseil consultatif du Secrétaire général de l’ONU sur le zéro déchet, a souligné que ces villes se distinguent par leur capacité à concrétiser leurs ambitions, montrant que le zéro déchet n’est ni une vision lointaine ni un simple exercice de communication, mais une solution pratique et réalisable au niveau local.

Pour sa part, Inger Andersen, directrice exécutive du PNUE, a hautement salué le leadership et l’engagement des citoyens de ces villes, de leurs autorités et du secteur privé, notant que ces cités peuvent inspirer les communautés du monde entier à accélérer la lutte contre la crise de la pollution et des déchets.

Cette initiative contribue directement aux Objectifs de développement durable, notamment l’ODD 11 (Villes et communautés durables), l’ODD 12 (Consommation et production responsables) et l’ODD 13 (Lutte contre les changements climatiques).



Plus de 300 enseignants-chercheurs et experts nationaux et internationaux en Sciences thermiques se sont réunis le 2 avril à Marrakech, pour débattre de la transition vers des systèmes énergétiques intelligents, durables et fortement digitalisés.

Réunis dans le cadre de la 9è édition du Congrès international des sciences thermiques (AMT’2026), les participants mettent l’accent sur l’intégration de l’intelligence artificielle (IA) dans les systèmes thermiques et son rôle en tant que levier majeur de transformation, permettant d’accroître la performance des systèmes thermiques tout en réduisant leur impact environnemental.

Organisé par l’École Nationale des Sciences Appliquées (ENSA) de Marrakech, sous le thème « Sciences thermiques et digitalisation : vers des systèmes intelligents et durables », cet événement scientifique de trois jours vise à promouvoir la recherche appliquée et l’innovation technologique en réponse aux défis énergétiques et environnementaux actuels, et en phase avec les exigences de la transition énergétique et de la préservation des ressources naturelles.

En réunissant des acteurs académiques et des experts de divers horizons, ce congrès constitue également une plateforme d’échanges et de partage autour des avancées scientifiques récentes dans les domaines liés à l’énergie, aux systèmes thermiques et à leur optimisation.

S’inscrivant dans un contexte marqué par l’accélération des mutations énergétiques à l’échelle mondiale, cette rencontre scientifique ambitionne de favoriser l’émergence de solutions innovantes combinant performance énergétique, IA et durabilité environnementale, tout en renforçant les échanges entre les sphères académique et industrielle.
Intervenant à cette occasion, le vice-président de l’Université Cadi Ayyad, Mohamed Hafidi, a souligné que ce congrès illustre la volonté de l’université de s’inscrire pleinement dans les dynamiques internationales liées à la transition énergétique, en mettant l’accent sur la recherche appliquée et le développement de technologies à forte valeur ajoutée.

Dans ce sens, il a indiqué que l’intégration des outils de digitalisation dans les sciences thermiques ouvre la voie à de nouvelles approches en matière de gestion et d’optimisation des systèmes énergétiques, permettant ainsi de répondre de manière plus efficiente aux enjeux climatiques et environnementaux.

De son côté, le directeur de l’ENSA de Marrakech, Hassan Ayad, a affirmé que cette manifestation constitue un espace privilégié pour le partage des connaissances et la valorisation des innovations dans des domaines stratégiques liés à l’énergie et à la durabilité.
Dans ce contexte, il a relevé que les travaux du congrès mettent en lumière des thématiques de pointe, notamment les énergies renouvelables, le stockage thermique, l’optimisation énergétique des systèmes industriels ainsi que l’usage de l’intelligence artificielle dans la gestion des ressources, soulignant l’importance de ces axes pour accompagner la transition vers un modèle énergétique plus résilient et durable.



L’Office National de l’Électricité et de l’Eau Potable (ONEE) a accueilli du 30 mars au 2 avril à Marrakech, la réunion du Comité scientifique de l’Association des Sociétés d’Électricité d’Afrique (ASEA), avec la participation d’environ 150 responsables et experts issus de 24 pays africains.

Cet événement continental traduit le rôle moteur de l’ONEE dans la dynamique de coopération énergétique en Afrique et sa contribution active à l’émergence d’un système électrique plus intégré et durable.

Dans un contexte marqué par une croissance soutenue de la demande en électricité et par les mutations liées à la transition énergétique, cette rencontre constitue une plateforme stratégique dédiée au partage d’expériences, au renforcement des synergies entre les acteurs du secteur et à l’identification de solutions adaptées aux réalités du continent.

Organe central chargé de l’analyse des problématiques techniques et de l’étude des enjeux communs, le Comité scientifique de l’ASEA joue un rôle déterminant dans l’orientation des travaux de l’Association, note le document, ajoutant qu’il est structuré autour de plusieurs comités d’études couvrant notamment les énergies renouvelables, la gouvernance, la gestion clientèle, les ressources humaines et la normalisation.

Cette réunion a permis de définir les priorités stratégiques futures, d’organiser les travaux des comités d’études et de préparer les échéances majeures de l’ASEA, notamment le prochain Congrès prévu au Maroc en 2028, contribuant ainsi à consolider les mécanismes de coopération technique et à renforcer la capacité collective des acteurs africains à répondre aux défis énergétiques du continent.

Le Directeur général de l’ONEE, Tarik Hamane, a souligné à cette occasion, que le continent africain se trouve aujourd’hui à un moment charnière, marqué par la nécessité d’assurer un accès élargi à une énergie fiable, durable et abordable, tout en accélérant la transition énergétique et en intégrant davantage les énergies renouvelables.

Il a mis en avant le rôle central de la technologie, de la recherche et de l’innovation pour accompagner ces transformations, ainsi que l’importance d’une coopération africaine renforcée pour relever des défis qui dépassent les cadres nationaux.

Hamane a également rappelé que l’ONEE poursuit une transformation profonde du système énergétique national, conformément à la Vision éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, à travers la modernisation des infrastructures, le renforcement de la résilience du réseau électrique et le développement de solutions innovantes, notamment dans les domaines du stockage de l’énergie, de la digitalisation et des réseaux intelligents.

À travers l’accueil de cet événement, l’ONEE confirme ainsi son positionnement en tant qu’acteur de référence en Afrique, engagé en faveur de solutions concrètes, durables et adaptées aux enjeux énergétiques du continent.



Le Maroc intensifie la mise en œuvre de sa stratégie nationale de dessalement de l’eau de mer afin de renforcer la sécurité de son approvisionnement hydrique face à la raréfaction des ressources conventionnelles, souligne le 12 avril le quotidien espagnol El Español.

Selon la publication, cette stratégie ambitieuse prévoit d’atteindre une production annuelle de 1,7 milliard de mètres cubes d’eau dessalée à l’horizon 2030, avec pour objectif de porter la part du dessalement à 60 % de l’eau potable nationale, contre environ 25 % actuellement.
Ce programme s’inscrit dans le cadre d’un vaste plan de développement des infrastructures hydriques, incluant notamment la construction d’une grande station à Tiznit, d’une capacité de 350 millions de mètres cubes par an, destinée à l’alimentation des centres urbains et des zones agricoles avoisinantes. Cette installation revêt un caractère stratégique pour la sécurité alimentaire du Royaume.

Le plan prévoit également la réalisation de nouvelles unités à Nador, Tanger, Rabat et Casablanca, pour une capacité cumulée estimée à 540 millions de mètres cubes.

Le Maroc dispose actuellement de 17 stations de dessalement opérationnelles, totalisant une production annuelle de 345 millions de mètres cubes. Les nouvelles infrastructures, dont la mise en service est prévue avant 2027, seront alimentées par des énergies renouvelables, en ligne avec la stratégie nationale visant à ériger le dessalement en pilier majeur de la sécurité hydrique.

Parallèlement, le Royaume développe des initiatives complémentaires, à l’instar du projet de port à Tan-Tan dédié à l’exportation d’hydrogène vert et d’ammoniac, illustrant la convergence entre politiques hydriques et transition énergétique, note la publication.

Dans un contexte marqué par les effets du changement climatique et la pression croissante sur les ressources en eau, le Maroc entend ainsi faire du dessalement un levier central de sa sécurité hydrique et énergétique, conclut El Español.





Le Maroc porte haut et fort l’engagement en faveur de politiques publiques respectueuses de l’environnement et luttant contre les impacts du changement climatique sur la santé du citoyen, a affirmé le 7 avril  à Lyon la ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leila Benali.

S’exprimant lors d’un panel ministériel intitulé « pour un environnement favorable aux santés », organisé dans le cadre du sommet One Health (Une seule santé), Mme Benali a mis en avant les efforts du Royaume concernant des questions universelles comme celles liées à la pollution plastique et au combat contre les effets du changement climatique.

« Le Maroc est très avancé sur ce dossier, constamment animé par la volonté de mettre la santé du citoyen au cœur des politiques publiques », a-t-elle dit devant un parterre de ministres, de scientifiques en environnement et de plusieurs acteurs de divers horizons.

Relevant que l’intégration de ces problématiques dans les politiques publiques figurent au cœur des priorités nationales, la ministre a rappelé l’action du Royaume lors de sa présidence de l’Assemblée des Nations-Unies pour l’environnement en faveur du renforcement du multilatéralisme afin de progresser vers des solutions concrètes, intégrées et durables face aux crises environnementales.

« Nous avons alors porté au plus haut niveau ces questions dans un contexte mondial difficile marqué notamment par la guerre russo-ukrainienne, sachant que l’impact des guerres demeure non négligeable sur la santé et l’environnement ».

Elle a, à cet égard, insisté sur « l’impératif de prendre en compte des solutions innovantes, comme pour le cas du Maroc, qui a adopté une politique énergétique qui réserve une large place à la promotion d’une énergie renouvelable, propre et souveraine ».

Une attention toute particulière « est également accordée à la connectivité énergétique compte tenu de l’interdépendance entre régions et même entre pays », a expliqué Mme Benali, notant que la politique environnementale devra prendre en considération le fait que les industries dépendent encore du plastique et de la pétrochimie.

Les débats de ce panel, marqué par la participation de la ministre française de la Transition écologique et de la Biodiversité, Monique Barbut, ont focalisé sur les réponses à apporter face à l’enjeu global de santé-environnement, au regard des différentes contaminations de l’environnement.
De même, un cadrage scientifique a été présenté pour illustrer l’état des connaissances sur les effets des facteurs environnementaux sur la santé, avec une attention portée à certains contaminants de l’environnement, dont les plastiques et autres substances polluantes PFAS.
A l’initiative de parlementaires et de scientifiques européens, un appel pressant a été lancé lors de cette rencontre pour le déploiement de solutions collectives aux problématiques santé-environnement.

Ont pris part à ce panel ministériel de haut niveau, l’ambassadrice française pour l’environnement, Barbara Pompili, la secrétaire d’Etat kenyane chargée de la Santé publique, Mary Muthoni Muriuk, et le ministre arménien de la Santé, Anahit Avanesyan, ainsi que plusieurs chercheurs et responsables d’organisations régionales et internationales.

Lors de ce sommet international, le président de la Chambre des représentants, Rachid Talbi El Alami, représente Sa Majesté le Roi Mohammed VI, accompagné d’une délégation composée de Mme Benali, de hauts responsables de ce département, ainsi que du ministère de la Santé et de la Protection sociale et de la consule générale du Royaume à Lyon, Rajae Benchaji.





La feuille de route de décarbonation du secteur cimentier marocain a été, présentée, le 1er avril à Bouknadel, en présence du ministre de l’Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour, et de la ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Laila Benali.

Dévoilée lors d’une conférence initiée par l’Association Professionnelle des Cimentiers (APC), ladite feuille de route est le fruit d’une démarche de co-construction associant le ministère de l’Industrie et du Commerce, le ministère de la Transition énergétique et du Développement durable, le Global Cement and Concrete Association (GCCA), la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement (BERD), des associations et fédérations partenaires ainsi que des institutions nationales concernées et des cabinets d’expertise.

S’exprimant à cette occasion, M. Mezzour a souligné l’importance de décarboner le secteur cimentier et de valoriser le dioxyde de carbone (CO₂) comme levier stratégique pour renforcer la souveraineté énergétique nationale et atteindre la neutralité carbone.

« En créant un carburant 100% marocain de très haute qualité à partir du CO₂ produit par les cimenteries, nous pourrons réduire notre dépendance aux hydrocarbures et consolider notre souveraineté énergétique ».

Il a souligné, dans ce sens, que le verdissement de l’économie n’est plus un simple choix environnemental, mais un impératif stratégique absolu pour se prémunir contre la succession des crises mondiales et la forte volatilité des chaînes d’approvisionnement en hydrocarbures, rappelant que l’anticipation dans ce domaine permet d’atténuer les chocs exogènes subis par le tissu industriel national.

Saluant l’approche proactive du secteur cimentier, le ministre a détaillé les sept piliers de cette nouvelle feuille de route, incluant l’efficacité énergétique, le passage aux énergies renouvelables et la réduction de la part du clinker.

Toutefois, face au défi des émissions incompressibles (le secteur représentant près de 10% des émissions nationales de CO₂), il a appelé les industriels à dépasser la solution conventionnelle de l’enfouissement profond du carbone à des milliers de mètres, une option jugée extrêmement coûteuse et peu valorisante pour l’économie.

Mezzour a ainsi plaidé pour la captation et la valorisation de ce CO₂ afin de produire des carburants de synthèse locaux, permettant de créer un combustible à bas prix destiné au marché intérieur, notamment pour les transports publics, renforçant ainsi l’indépendance énergétique du pays.

De son côté, le président de l’Association Professionnelle des Cimentiers (APC), Said Elhadi, a retracé l’engagement historique de la profession, rappelant que l’industrie cimentière a été pionnière au Maroc en matière de développement durable.

Il a notamment cité la mise en place de la première ferme éolienne dédiée à l’industrie dès 2005 et l’utilisation précoce de la biomasse et des combustibles alternatifs dans les fours cimentiers.

S’appuyant sur les données consolidées de l’année 2022, M. Elhadi a fait savoir que l’empreinte carbone du secteur se situe à un niveau honorable de 576 kg par tonne de produit cimentier, soit 15% en deçà de la moyenne mondiale, avec un mix énergétique composé à 80% d’électricité verte.

Pour l’objectif de neutralité carbone en 2050, le président de l’APC a appelé à une concertation transparente avec les pouvoirs publics.

Sachant que 60% des émissions du secteur proviennent de la réaction chimique inhérente à la calcination et non de l’énergie utilisée, « l’atteinte du « Net Zéro » nécessitera le déploiement de technologies de rupture, exigeant une trajectoire d’investissement définie conjointement avec l’État ».

Pour sa part, la Présidente Déléguée de la Fondation Mohammed VI pour la Protection de l’Environnement, Nouzha Alaoui, est revenue sur le partenariat renforcé avec l’APC, se traduisant par un programme de formation structuré sur trois ans, bénéficiant à plus de 500 professionnels du secteur pour les préparer aux enjeux complexes de la décarbonation.
En outre, elle a affirmé que l’institution a désormais changé d’échelle, passant de la sensibilisation à une approche hautement opérationnelle, illustrée par la Convention pour la décarbonation de l’économie marocaine et l’adaptation de l’outil « Bilan Carbone » au contexte territorial national.

L’approche de concertation adoptée pour l’élaboration de la feuille de route ambitionne de garantir sa robustesse technique, sa crédibilité institutionnelle et son alignement avec les priorités nationales et les meilleures pratiques internationales.

Directement alignée sur la Stratégie Nationale Bas Carbone et la Contribution Déterminée au niveau National (CDN 3.0), elle fixe un cap intermédiaire clair, à savoir réduire les émissions de CO₂ de 23% à l’horizon 2030 par rapport à 2022.

Pour opérer ce changement d’échelle et concilier croissance et transition, ce cadre fédérateur s’articule autour de leviers concrets, allant du développement des combustibles alternatifs à l’augmentation de la part des énergies renouvelables, en passant par l’efficacité énergétique et la réduction du taux de clinker, préparant ainsi le terrain au futur déploiement des technologies de rupture comme le captage et le stockage du carbone (CCUS).







Le secteur cimentier constitue un véritable catalyseur de la décarbonation industrielle au Maroc, a souligné, le 1er avril à Bouknadel, la ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leila Benali.

« Au-delà de son rôle traditionnel, le secteur cimentier s’affirme désormais comme un véritable catalyseur de la décarbonation industrielle au Maroc, contribuant directement au renforcement de la souveraineté économique et énergétique du Royaume », a dit Mme Benali lors de l’ouverture d’une conférence dédiée à la présentation de la feuille de route de décarbonation du secteur cimentier marocain.

Et de poursuivre que l’entrée en vigueur, en 2026, du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM) de l’Union européenne confère une urgence accrue à l’action, dans la mesure où le coût du carbone s’impose désormais comme un déterminant majeur de compétitivité, plaçant le secteur cimentier, fortement émetteur, au centre des enjeux stratégiques.
Dans ce sillage, la ministre a appelé les industriels à accélérer leur transition vers des standards bas carbone, en renforçant leurs systèmes de mesure, de reporting et de vérification, tout en anticipant les coûts futurs liés au carbone.

En effet, la Contribution Déterminée au niveau national (CDN 3.0) prévoit 8 projets visant à réduire les émissions du ciment, avec un potentiel d’atténuation de 2,54 millions de tonnes de CO₂ d’ici 2035, reposant sur des leviers tels que l’économie circulaire, l’innovation industrielle et les technologies de rupture.

Parallèlement, elle a soulevé que le ministère travaille activement à la mise en place d’un marché carbone national crédible avec un double intérêt portant sur l’introduction d’un prix du carbone progressif pour accompagner les investissements et la garantie que toute taxe payée au niveau national soit déduite du coût des certificats européens (CBAM), préservant ainsi la souveraineté économique et la valeur ajoutée sur le territoire marocain.

Pour soutenir cette infrastructure, elle a relevé que son département renforce les outils tels que le système de mesure, de suivi et de vérification (MRV). « Nous actualisons le Bilan Carbone Maroc et nous appuyons l’accréditation d’une entité nationale selon les normes internationales les plus strictes ».

Dans ce sillage, Mme Benali a indiqué que la transformation du secteur cimentier appelle des investissements conséquents. « À cet égard, le Maroc s’appuie sur un ensemble d’instruments financiers et de mécanismes internationaux, notamment les fonds climatiques tels que le Fonds Vert pour le Climat et le Fonds pour l’Environnement mondial ».
Dévoilée lors d’une conférence initiée par l’Association Professionnelle des Cimentiers (APC), ladite feuille de route est le fruit d’une démarche de co-construction associant le ministère de l’Industrie et du Commerce, le ministère de la Transition énergétique et du Développement durable, le Global Cement and Concrete Association (GCCA), la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement (BERD), des associations et fédérations partenaires ainsi que des institutions nationales concernées et des cabinets d’expertise.



Les régions et les collectivités territoriales constituent des maillons essentiels dans le processus de réalisation des objectifs de souveraineté énergétique, a indiqué, le 1er avril à Rabat, la ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leila Benali.

S’exprimant à l’ouverture de 1ère édition de la journée de l’efficacité énergétique, placée sous le thème « Les Plans régionaux d’efficacité énergétique et de décarbonation (PREED): Horizon 2030 », Mme Benali a souligné que son département s’attèle sur l’élaboration, en coordination avec l’Agence marocaine pour l’efficacité énergétique (AMEE), des PREED pour les 12 régions selon une approche participative en synergie avec les autorités et les décideurs locaux.

Elle a, par ailleurs, rappelé, que le Maroc a adopté, depuis 2009, sous la sage conduite de SM le Roi Mohammed VI, un modèle énergétique flexible et durable, fondé sur trois piliers : les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique et l’intégration régionale en tant que pont entre l’Afrique, l’Europe et l’Atlantique, notant que le Royaume dispose désormais d’une capacité installée en énergies renouvelables d’environ 46 % du mix énergétique, un objectif qui sera porté à 52 % à l’horizon 2030.

Cette rencontre se tient dans un contexte international marqué par des fluctuations inédites sur l’ensemble des marchés, a affirmé la ministre, estimant que ces mutations ont démontré que la sécurité énergétique ne dépend plus uniquement de la disponibilité des ressources, mais également de la bonne gouvernance, de la capacité d’action et du niveau de coordination.

De son côté, la présidente de l’Association des Régions du Maroc (ARM), Mbarka Bouaida, présidente du Conseil de la région de Guelmim-Oued Noun, a souligné que l’efficacité énergétique n’est pas un enjeu secondaire du développement régional, mais un levier fondamental pour mettre en oeuvre la régionalisation avancée.

L’efficacité énergétique va au-delà du simple débat technique pour s’ériger en tant que question à la fois politique, sociale et économique, a-t-elle expliqué, assurant qu’elle s’impose aujourd’hui comme une nécessité, en raison des enjeux climatiques et des retombées économiques.

L’élaboration des PREED représente, selon Mme Bouaida, une avancée majeure en ce sens qu’il s’agit d’outils concrets de diagnostic, d’orientation et de prise de décision.

La mise en place de ces plans constitue certes une étape essentielle, mais le véritable défi consiste à passer du diagnostic à la mise en œuvre, de la définition des potentialités à la réalisation concrète des projets, et de la présentation d’une vision à la création d’un impact tangible.

Pour sa part, le Directeur général de l’AMEE, Mohamed Benyahya, a donné un exposé sur les résultats des PREED et des ateliers de travail organisés dans ce sens au niveau des 12 régions.

Il a ainsi fait état de l’établissement de 12 conventions, de la désignation de 24 points focaux dans les régions, de la mise en place de 8 bureaux d’études et de 12 comités de suivi, outre l’organisation de 36 ateliers de travail avec les régions et l’élaboration de 12 plans d’action.

Cette journée a été marquée par la signature de quatre conventions. La première, relative au partenariat pour le déploiement du label national de performance énergétique et environnementale des bâtiments résidentiels, a été paraphée par Mme Benali, M. Benyahya et la ministre de l’Aménagement du territoire national, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville, Fatima Ezzahra El Mansouri. La deuxième, une convention-cadre axée sur le suivi de la mise en œuvre des PREED, a été signée par Mme Benali, M. Benyahya et Mme Bouaida.

La troisième convention, qui concerne le partenariat pour le déploiement du label national de performance énergétique et environnementale des bâtiments publics, a été signée par M. Benyahya et la directrice de l’Agence nationale des équipements publics (ANEP), Zineb Benmoussa. La quatrième portant sur un partenariat en matière d’efficacité énergétique et de décarbonation au niveau régional, a été signée par M. Benyahya et le directeur général d’INEE, filiale du Groupe CDG, Saâd Ghazaoui.

Organisée par l’AMEE, sous l’égide du ministère de la Transition énergétique et du Développement durable, cette rencontre a réuni les représentants des départements ministériels, des Wilayas, des Conseils régionaux, des institutions publiques, des partenaires techniques et financiers ainsi que des acteurs économiques.

À travers cette première édition de la Journée de l’efficacité énergétique, l’AMEE entend mettre en place une plateforme de concertation et de mobilisation pour la promotion de l’efficacité énergétique et de la décarbonation.