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Le Maroc a misé, depuis des décennies, sur les énergies renouvelables, notamment l’énergie éolienne, comme alternative aux énergies fossiles, pour un avenir sans carbone, assurant la pérennité des ressources naturelles pour les générations futures et l’approvisionnement en une énergie qui protège la planète des dangers de la pollution.

Depuis 2009, le Royaume a adopté, sous les Hautes Orientations Royales, une stratégie énergétique qui a fixé pour objectifs la montée en puissance des énergies renouvelables, le renforcement de l’efficacité énergétique et l’intégration régionale.

Cette stratégie a été déclinée en feuilles de route avec des objectifs à court, moyen et long termes, dont l’accélération de la transition énergétique en portant la part des énergies renouvelables à 52% à l’horizon 2030.

“Le Plan climat national 2030, notamment l’objectif d’atteindre 52% de la puissance électrique installée à partir de sources renouvelables, est un engagement très fort du Maroc, qui répond aux objectifs de l’accord de Paris et aux contributions déterminées au niveau national”, a déclaré Said Chakri, expert en environnement et changements climatiques.

Il s’est, par ailleurs, arrêté sur les grands projets mis en place par le Maroc dans le cadre de sa stratégie énergétique, notant qu’ils ont eu un impact sur la diminution de la facture énergétique, qui dépendait, il y a une décennie, d’environ 97% d’importations (…), ce qui témoigne des efforts et de l’engagement du Royaume en matière d’énergies renouvelables.

Pour atteindre ses objectifs, le Maroc a misé principalement sur l’énergie éolienne. Ainsi, des parcs éoliens ont été implantés dans différentes régions du Royaume, notamment sur les sommets ouest du massif du Rif près du détroit de Gibraltar, à proximité d’Essaouira, près de Safi et Oualidia, à proximité de Laâyoune et Tarfaya, et sur les sommets des montagnes de l’Atlas, non loin de Midelt et Taza.

Selon M. Chakri, l’énergie éolienne requiert d’une part la technologie nécessaire et d’autre part des potentialités naturelles, et le Maroc regorge de zones à fort potentiel en onshore et en offshore, ce qui signifie qu’il dispose de tous les atouts nécessaires pour réussir sa stratégie en la matière.

En effet, les chiffres de 2018 publiés sur le site web du ministère de la Transition énergétique et du développement durable, révèlent que les efforts du Royaume ont permis d’atteindre une puissance installée de 1.220 mégawatts (MW) d’énergie éolienne, soit 11% de la capacité électrique, tandis que l’ensemble des énergies renouvelables (éolienne, hydroélectrique et solaire) constituent 34% de la capacité électrique totale (3.700 MW).

Cette puissance installée d’énergie éolienne a été possible grâce aux nombreux parcs éoliens installés dans les différentes régions du Maroc, notamment celui de Tarfaya, d’une puissance installée de 300 MW, qui permet de réduire les émissions à hauteur de 790.000 tonnes CO2/an, le parc éolien “Haouma”, près de Tanger, d’une puissance installée de 50,6 KW et le parc éolien d’Aftissat, situé à 50 km au sud de la ville de Boujdour, d’une puissance installée de 200 MW.

Le Programme éolien intégré 850 MW, composé des parcs éoliens “Midelt – 210 MW”, “Boujdour – 300 MW”, “Jbel Lahdid – 270 MW”, et “Tiskrad à Tarfaya – 100 MW”, dont la mise en oeuvre demeure en cours, constitue également une composante importante de la stratégie énergétique nationale.

Ce projet structurant, dont la production électrique prévisionnelle permettra d’économiser environ 2.380.000 tonnes CO2/an, a permis l’émergence d’une industrie éolienne marocaine, à travers notamment la mise en place d’une usine de pales d’éoliennes du groupe allemand Siemens Gamesa à Tanger, avec une capacité annuelle d’environ 600 unités (soit l’équivalent de plus de 600 MW/an).

L’ensemble de ces projets reflètent les efforts consentis par le Maroc, qui a fait de la question de la transition énergétique un choix national, a estimé M. Chakri, affirmant que les énergies renouvelables demeurent la réponse à la question pressante du changement climatique.

Conscient de la nécessité de préserver la planète pour les générations futures, le Maroc a ainsi parié sur une stratégie intégrée et globale en matière d’énergies renouvelables, afin d’assurer la sécurité énergétique et d’adhérer au processus de développement durable, tout en respectant ses engagements internationaux.

L’Institut de Recherche en Energie Solaire et Énergies Nouvelles (IRESEN) a organisé, le 10 novembre en marge de la COP26 à Glasgow, un atelier sous le thème “Mobilité électrique : Un élément indispensable des villes vertes et intelligentes dans les pays en voie de développement”.

Cette rencontre, organisée au pavillon Maroc de la COP, a permis de réunir des représentants d’institutions et d’entreprises nationales et internationales, comme le ministère marocain du Transport et de la Logistique, le département de l’Énergie et des Stratégies industrielles du Royaume-Uni, Green Energy Park, Nordic Energy and Transport Platform et NR Solar. L’atelier a été l’occasion pour l’IRESEN de présenter ses différentes réalisations dans le domaine, avec notamment la mise en place de projets de démonstration, le développement de l’infrastructure de formation et de recherche, le renforcement du réseau national de l’infrastructure de recharge et la contribution à l’élaboration de la feuille de route mobilité électrique avec toutes les parties prenantes.

Les discussions ont permis d’échanger sur les actions nécessaires aux niveaux économique et politique pour encourager le développement de la mobilité électrique au Royaume et dans le continent africain, afin d’accompagner l’émergence de cette nouvelle filière à forte valeur ajoutée. La rencontre a également permis de partager l’expérience des pays développés dans l’e-mobilité, pour soutenir le développement durable et la réduction des émissions de CO2.