La sixième conférence générale du Comité maghrébin de l’électricité (COMELEC), placé sous le thème “l’intégration maghrébine: facteur d’accélération de la transition énergétique” a ouvert ses travaux mardi 8 décembre à Rabat en présence du ministre de l’Energie, des mines, de l’eau et de l’environnement Abdelkader Amara.

Dans son mot d’ouverture, M. Amara a souligné qu’en raison de son emplacement géographique et de sa volonté politique, le Maroc accorde une attention particulière à l’intégration du système énergétique régional en tant que priorité stratégique.
Le Royaume est à même d’assurer un rôle de choix dans la coopération énergétique régionale en tant que pays de transition pour l’énergie, notamment via le développement d’infrastructures de raccordement aux réseaux électriques dans les pays de la région.
Il a siganlé que la mise en place d’un marché régional de l’électricité requiert la mobilisation des investissements nécessaires au raccordement électrique dans la région et à l’interconnexion entre les réseaux des pays du Nord et du Sud.
Le ministre de l’énergie a soutenu que l’intégration des systèmes électriques des pays du Maghreb nécessite l’harmonisation du cadre législatif et réglementaire et la coordination technique afin de faciliter l’intégration des réseaux et la mise en place de règles d’exploitation communes, appelant à un partenariat énergétique maghrébin permettant d’échanger et d’assurer l’intégration progressive des marchés énergétiques et à la mobilisation des sources de financement à ce partenariat.

Pour sa part, le Secrétaire Général de l’Union du Maghreb Arabe Habib Ben Yahia a fait part de sa satisfaction du niveau avancé de la coopération électrique entre les pays du Maghreb, qui sont dorénavant interconnectés par des infrastructures solides et enregistrent une amélioration constante en termes d’échange de l’énergie électrique.
L’intégration énergétique maghrébine est sur la bonne voie et la région dispose de tous les facteurs permettant la réussite de l’intégration, grâce à l’abondance du pétrole et du gaz, aux ressources minérales, aux bonnes infrastructures et aux ressources humaines qualifiées, a estimé M. Ben Yahia, relevant que le secteur gazier est à même de s’ériger en un levier d’intégration macro-économique dans la région.
Les positions et politiques maghrébines s’insèrent généralement dans le cadre des propositions internationales exprimées lors de la conférence de Paris sur les changements climatiques (COP21), a de son côté noté Ali Fassi-Fihri, directeur général de l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) et président du COMELEC.
Il a rappelé dans ce sens que le discours royal adressé à la COP21, la semaine précédente, a clarifié la vision énergétique marocaine, qui attache une grande importance aux énergies renouvelables, en portant à 52 % la part des énergies renouvelables destinées à la production électrique à l’horizon 2030.
Il a également relevé que la conférence est une occasion appropriée pour présenter l’expérience marocaine, dont la première phase, menée avec succès, vise à porter à 42 % la part des énergies renouvelables à l’horizon de 2020.
Cette rencontre offre l’opportunité de réitérer le choix de l’intégration entre les réseaux maghrébins et de permettre aux pays de la région d’investir dans ce domaine, a-t-il jugé, mettant l’accent sur la position du Maroc en tant que plaque tournante entre l’Afrique de l’ouest, l’Europe et la rive sud de la Méditerranée.
Lors de cette conférence de deux jours, de nombreux experts et professionnels du secteur débattront de la question de la transition énergétique dans les pays du Maghreb au regard des enjeux actuels, ainsi que des évolutions et mutations que connaît le paysage énergétique sur la scène mondiale.
La conférence prévoit quatre sessions de travail, traitant des thèmes “quelle vision maghrébine commune pour une valorisation optimale des ressources de la région?”, “enjeux économiques et industriels des énergies renouvelables au Maghreb”, “la coopération maghrébine: clé de réussite pour une meilleure intégration régionale” et “quels leviers d’accompagnement pour une transition énergétique?”.
Créée en 1974 à l’initiative de trois entreprises électriques de la Tunisie, de l’Algérie et du Maroc, auxquelles se sont joints les sociétés électriques de la Mauritanie et de la Libye, le COMELEC est un cadre d’échanges et de concertation entre les opérateurs nationaux de l’énergie électrique dans les cinq pays du Maghreb.