La stratégie bois-énergie du Haut-commissariat aux eaux et forêts et à la lutte contre la désertification (HCEFLD) a été présentée le 21 mars à Agadir, lors d’une cérémonie de commémoration de la Journée internationale de la forêt, placée cette année sous le thème « Forêts et énergie ». Cette stratégie vise un double objectif, à savoir gérer durablement les ressources forestières, en conciliant l’augmentation des ressources en bois-énergie avec la réduction de la consommation et en rendant plus efficace l’utilisation du bois et son remplacement par d’autres combustibles, a indiqué le haut-commissaire aux eaux et forêts et à la lutte contre la désertification, Abdeladim Lhafi qui présidait cette cérémonie. La stratégie est ainsi déclinée en plusieurs axes portant sur la rationalisation de la consommation du bois-énergie, l’augmentation des ressources en cette bioénergie, la promotion des solutions alternatives au bois-énergie, le renforcement de la protection des ressources forestières et le renforcement de la recherche-développement en la matière. Cette journée, célébrée en parallèle avec la 5e édition de la semaine forestière méditerranéenne organisée dans la capitale du Souss, sous le Haut patronage de SM le Roi Mohammed VI, a été aussi marquée par la présentation de la politique de reboisement au Maroc, destinée à la réhabilitation et la reconstitution des écosystèmes forestiers. Le programme régulier de reboisement a permis, selon le Haut commissariat aux eaux et forêts, de passer de -1% du couvert forestier entre 1990 et 2000 à +2% entre 2000 et 2010. Selon les rapports de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) sur l’évolution des forêts dans le monde, le Maroc est compté parmi les 25 pays ayant renversé la tendance de dégradation de leurs écosystèmes forestiers. En effet, le reboisement contribue directement à la lutte contre l’érosion, à la production du bois et du fourrage dans les zones adaptées et à l’amélioration des conditions de vie des populations locales en général, selon le HCEFLD. Le programme décennal 2015-2024 se fixe pour objectif de reboiser 600.000 hectares à l’horizon 2024, dans le cadre de projets participatifs, qui tiennent compte des besoins des populations locales et des impératifs de la préservation et de la reconstitution des forêts. Dans l’objectif de s’adapter au contexte climatique du Maroc caractérisé, en particulier, par de longues périodes de sécheresse, et dans l’optique de

l’adaptation aux changements climatiques, une attention particulière est accordée aux principales essences autochtones (30% du programme), telles que le cèdre de l’Atlas, le thuya, l’arganier, le chêne liège et le cyprès de l’Atlas, d’après la même source. En marge de cette cérémonie, tenue en présence du représentant de la FAO au Maroc, Michael George Hage, et la représentante de la Convention sur la diversité biologique, Santamaria Catalina, des prix ont été décernés aux différentes régions ayant réalisé les meilleures performances lors de l’initiative “plantation d’un million d’arbres forestiers en une journée”, lancée par le HCEFLD parallèlement au déroulement des négociations de la COP22, tenue en novembre dernier à Marrakech. Cette initiative avait permis de planter 1,5 millions de plants forestiers en une seule journée, dépassant de loin l’objectif assigné au départ. Les régions ayant occupé les trois premiers rangs sont respectivement la région de Fès-Meknès, la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima et la région de l’Oriental. Ce classement a été établi sur la base de l’évaluation des apports des différentes régions et en se basant sur des critères liés à l’importance du programme, aux conditions géographiques et à la réalisation des engagements, ainsi qu’à la capacité de mobilisation des partenaires. Selon la FAO, le bois fournit au monde environ 40% de l’approvisionnement global actuel en énergie renouvelable, tandis qu’en Afrique, le bois de feu ou le charbon de bois représente plus de 80% de toute l’énergie domestique utilisée.