Le ministre en charge de l’Administration nationale de l’Énergie de la République populaire de Chine, Nur Bekri, a salué, le 5 juin à Rabat, la volonté du Maroc de sortir de la dépendance d’importation de l’électricité pour devenir un pays exportateur, et de faire du domaine énergétique un vrai bénéfice économique. « Nous apprécions les résolutions et les efforts déployés par le Royaume dans le développement des énergies renouvelables et des réseaux d’électricité visant à réaliser son indépendance énergétique », a indiqué M. Bekri lors de la première réunion du comité de pilotage de l’Accord de coopération dans les domaines des hydrocarbures et de l’énergie, signé par les gouvernements des deux pays lors de la visite officielle de SM le Roi Mohammed VI en Chine en mai 2016. Il a aussi fait savoir que la Chine possède une forte expérience en technologie, réseau d’électricité et centrales photovoltaïque et éolienne, soulignant que son pays est disposé à partager avec le Maroc son expérience et sa pratique optimale à l’aide des soutiens financiers de « The Export–Import Bank of China » (China Exim Bank) et « Industrial and commercial Bank of China » (ICBC), entre autres. De par sa situation géographique, le Maroc est un pays très riche en ressources solaire et éolienne, a noté M. Bekri, rappelant que « Power China Groupe » avait contribué aux projets d’extension de la centrale thermique de Jerada et celui de la Centrale Noor, deux projets phares de la coopération sino-marocaine. De son côté, le ministre de l’Énergie, des mines et du développement durable, Aziz Rabbah, a souligné que cette réunion constitue une occasion pour la mise en œuvre de l’Accord de coopération dans les domaines des hydrocarbures et de l’énergie, signé entre le Maroc et la Chine, à l’occasion de la visite de SM le Roi Mohammed VI en Chine en mai 2016. « Cette réunion, intervient à point nommé, puisqu’elle se tient quelques semaines après l’adoption du programme d’action du gouvernement marocain, qui stipule de manière explicite que la mise en œuvre du partenariat énergétique stratégique avec la Chine constitue une priorité pour les cinq années à venir », a relevé M. Rabbah. Après avoir passé en revue le modèle énergétique marocain basé essentiellement sur le développement des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique, le ministre a fait observer que cette transition

énergétique a été traduite en programmes d’investissements pour les entreprises privées nationales et internationales, évaluées à l’horizon 2030 à plus de 40 milliards de dollars américain pour le secteur de l’énergie, dont les 3/4 pour les énergies renouvelables. S’agissant des programmes des énergies renouvelables à l’horizon 2030, il a indiqué que ces derniers porteront sur une capacité additionnelle de production d’électricité de sources renouvelables d’environ 10.100 MW dont 4.560 MW de source solaire, 4200 MW de source éolienne et 1.330 de source hydrique, ce qui permettra, selon le ministre, de réduire la dépendance énergétique du Royaume à moins de 82% en 2030. Quant à l’efficacité énergétique, a poursuivi M. Rabbah, la période 2017-2021 connaîtra, le lancement de la stratégique nationale de l’efficacité énergétique, ainsi qu’une feuille de route nationale pour la valorisation de la biomasse et de l’énergie géothermique. « L’objectif d’économie fixé est de 5% en 2020 et 20% à l’horizon 2030 ». A cette occasion, les deux parties se sont félicités de leur engagement à traduire ces objectifs en actions et projets concrets d’intérêt commun, notant, à cet égard, la mise en place des groupes de travail thématiques mixtes en vue d’élaborer une feuille de route déclinée en plans d’actions de coopération dans les domaines des hydrocarbures, de l’électricité et des énergies renouvelables. Les deux ministres ont, également, convenu de rehausser le niveau de coopération entre le Maroc et la Chine dans ces domaines et encouragé les opérateurs et les entreprises des deux pays à développer des partenariats visant à saisir les opportunités d’investissement qui se présentent dans les domaines visés par l’Accord de coopération.