Le ministère de l’Energie et des Mines veut combler le déficit structurel enregistré au niveau du stockage des produits pétroliers. Ce manque est très visible car les réserves du pays sont, actuellement, à leur faible niveau par rapport à la durée définie par la loi. « Cette déficience est due à l’insuffisance des capacités de stockage, qui permettent actuellement des stocks d’environ 47 jours, dont 15 jours circonscrits aux stocks d’exploitation », rappelle Aziz Rabbah.

Avec des réserves sécurisées de 32 jours, à peine, le Maroc est loin des 60 jours stipulés par la loi.

Pour y remédier, il est prévu de réaliser, au cours de la période 2017-2021, des investissements d’environ 2 milliards de DH financés par le secteur privé. Tous ces projets sont prévus au sein du port de Jorf Lasfar afin de combler le déficit en capacités de réception des combustibles.

La capacité additionnelle projetée est de 679.500 m3 pour les produits pétroliers liquides et de 11.800 tonnes pour les gaz de pétrole liquéfiés (GPL). Ces investissements permettront d’augmenter la capacité de stockage à 16 jours supplémentaires.

« D’ici 2021, les capacités d’entreposage avoisineraient les 2 millions de m3 pour les produits pétroliers liquides. Par ailleurs, nous veillons quotidiennement sur la sécurité de l’approvisionnement pour alimenter le marché normalement », souligne, pour sa part, Mohamed Soulaimani, directeur des combustibles relevant du ministère de l’Energie et des Mines.

M. Rabbah a, également, annoncé qu’un nouveau système de gestion des réserves des stocks sera établi, dans le cadre du partenariat entre les secteurs public et privé. Il a décidé la création d’une commission mixte, composée d’experts de son département, de la Fédération de l’énergie et du Groupement des pétroliers du Maroc. Elle devra lancer la réflexion sur le développement de plateformes de stockage régionales et de transport des produits énergétiques.

« L’objectif de ce chantier est d’assurer une meilleure répartition des infrastructures énergétiques régionales visant à optimiser le coût d’acquisition des produits énergétiques et renforcer la capacité des stocks de sécurité dans le Royaume », estime le ministre. Il n’est pas exclu l’émergence de nouveaux opérateurs spécialisés uniquement dans l’exploitation de la logistique des produits pétroliers (transporteur, constructeur de dépôt pour la location…). Ceci permettra, entre autres, de réduire les coûts liés à la logistique et le transport qui pourront être répercutés sur le prix des produits. Pour ce faire, le ministère revoit actuellement les textes réglementant la gestion du secteur pétrolier.