Les bassins sédimentaires marocains restent encore sous-explorés malgré le fait qu’ils présentent des systèmes pétroliers potentiellement favorables à l’accumulation de gisements d’hydrocarbures, a affirmé la directrice générale de l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM), Amina Benkhadra. Le nombre total de puits forés à fin juin 2017 est de 340 dont 43 en offshore, soit une densité moyenne de 4 forages par 1.000 Km² contre 10 par 100 Km² à l’échelle mondiale, a indiqué Mme Benkhadra dans une interview à la MAP. En dépit de la conjoncture difficile que traverse actuellement le secteur énergétique mondial avec notamment l’impact de la baisse du cours du pétrole sur les investissements dans les projets d’exploration et de production des hydrocarbures, l’ONHYM poursuit avec détermination son rôle de catalyseur de l’exploration pétrolière en multipliant les actions de promotion du potentiel des bassins sédimentaires marocains auprès de l’industrie pétrolière internationale, a assuré Mme Benkhadra. Le but est à la fois de maintenir et développer les partenariats existants, et d’attirer de nouveaux investisseurs pour continuer à dynamiser la reconnaissance et l’évaluation du potentiel des bassins sédimentaires marocains. Mme Benkhadra a fait observer que plus d’une vingtaine de sociétés pétrolières opèrent actuellement au Maroc, en partenariat avec l’ONHYM, et que des négociations sont en cours avec quatre autres compagnies internationales de renom.

Jusqu’à présent, la superficie couverte par les travaux d’exploration s’élève à 180.121.42Km² et portent sur 87 permis de recherche, huit autorisations de reconnaissance et autant de concessions d’exploitation. S’agissant du montant des investissements en exploration pétrolière, la directrice générale de l’ONHYM a indiqué que ceux-ci ont atteint lors de la période 2010-2016, près de 16 milliards de dirhams, dont 98 % supportés par les partenaires. Pour 2017 et à fin août, ces investissements s’élèvent à 466,9 millions de dirhams pour les partenaires et 18,8 millions pour l’ONHYM, a-t-elle indiqué, notant que ceux-ci pourraient se chiffraient à la fin de l’exercice à 1,3 milliard de dirhams pour les partenaires contre 36,4 millions de dirhams pour l’ONHYM. Mme Benkhadra a en outre fait observer que les efforts de l’ONHYM et de ses partenaires en exploration pétrolière ont été couronnés par la découverte de gisements productifs de gaz dans le bassin du Gharb et de gaz et condensat dans le bassin d’Essaouira, relevant que les récents travaux de forage réalisés sur la zone de Tendrara, située dans le bassin des Hauts Plateaux ont également confirmé la présence de gaz naturel dans cette zone. Elle a précisé à ce propos que l’ONHYM et ses partenaires ont réalisé entre 2016 et début 2017, le forage de trois puits d’exploration dans la zone de Tendrara, soulignant que l’évaluation de faisabilité économique du gisement est en cours, y compris la certification des réserves, et que la mise en production de cette découverte est prévue pour 2019. Et en vue d’assoir le potentiel pétrolier de tout le bassin de Tendrara, l’ONHYM et ses partenaires ont démarré, en août 2017, un programme d’acquisition de nouvelles données sismiques et gravimétriques, a-t-elle poursuivi. Pour ce qui est des gisements découverts dans l’onshore du bassin du Gharb, Mme Benkhadra a indiqué que bien qu’ils soient de petite taille, ils sont économiquement intéressants en raison de l’existence, sur place, d’un réseau de gazoducs avec plusieurs stations de séparation ainsi que la proximité de plusieurs industries de la province de Kenitra, ce qui permet de les rentabiliser. Encouragée par ces résultats, la directrice générale de l’ONHYM s’est dite optimiste quant à la possibilité de réaliser des découvertes majeures dans le futur, grâce à un effort d’investissement soutenu et à une dynamique maitrisée combinant études, évaluations et promotion des bassins sédimentaires marocains. Elle a signalé à cet égard que les prévisions budgétaires pour 2018 en termes

d’investissement sont de l’ordre de 124 millions de dirhams pour l’ONHYM, contre près 1,34 milliard de dirhams pour les partenaires. Durant la période 2017-2021, l’ONHYM prévoit l’acquisition de 3.350 Km de sismique 2D dans le nord du Maroc et dans les provinces Sud, alors que les partenaires de l’Office comptent au cours de cette même période acquérir 2.200 Km de sismique 2D, 15.600 Km² de sismique 3D et réaliser 24 forages d’exploration. Elle a également fait part de la détermination de l’ONHYM de poursuivre, par ses moyens propres, ses efforts de mise en valeur du potentiel pétrolier des différents bassins sédimentaires notamment au niveau des régions de Tanger-Tétouan-Al Hoceima et Rabat-Salé-Kénitra, faisant remarquer que deux programmes sismiques 2D sont planifiés dans les deux prochaines années dans les provinces sud du Royaume portant sur 1.000 Km et 1.500 Km respectivement sur Le bassin de Zag (2018) et d’Al Haggounia (2019). De leur côté, les partenaires de l’ONHYM prévoient en 2018 l’acquisition de 1.755 Km de sismique 2D, essentiellement sur Tendrara, 5.200Km² de sismique 3D sur Boujdour offshore et le forage de quatre puits d’exploration dont un en offshore, a-t-elle conclu.