Fédération de l’Energie – ONEE : Workshop sous le thème « Flexibilité et stockage : Les clés pour accélérer l’intégration massive des ENR »

La Fédération de l’Energie et l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) ont organisé, le 24 avril 2026 à Marrakech, un Workshop sous le thème « Flexibilité et stockage : Les clés pour accélérer l’intégration massive des ENR » avec la participation de grands acteurs institutionnels, d’industriels de l’énergie et d’experts de premier plan.

Dans un mot adressé aux participants, le DG de l’ONEE a précisé que le Royaume du Maroc a fait un choix souverain et irréversible : celui d’une transition énergétique ambitieuse, fondée sur le développement massif des énergies renouvelables. Ce choix constitue aujourd’hui un vrai levier de souveraineté, de compétitivité économique et de résilience nationale.  Avec une puissance installée de 12,3 GW, dont 47 % issus des énergies renouvelables, et un réseau de transport dépassant les 30 000 km et interconnecté avec l’Europe, l’ONEE porte au quotidien la responsabilité d’un système électrique en profonde mutation.  En 2025, la demande électrique nationale a dépassé les 49 TWh, en progression de 7,3 % – un chiffre qui reflète une nouvelle dynamique économique du Royaume.

Selon M. Hamane, cette dynamique censée s’inscrire dans la durée a été anticipé par l’ONEE dans le cadre du plan d’équipement 2025-2030, doté de 177 milliards DH pour le développement du système électrique. Il repose sur trois piliers complémentaires :

  • l’intégration massive des ENR, 
  • le développement des capacités de stockage et de flexibilité,
  • le renforcement du réseau de transport. 

Selon lui, intégrer des ENR à grande échelle, c’est d’abord résoudre un problème fondamental : celui de l’intermittence inhérente à ces sources d’énergie. C’est précisément pour répondre à ce défi que le stockage et la flexibilité deviennent, dans le plan d’expansion du système électrique, des priorités absolues et non plus des options.

Afin d’accompagner les 10500 MW éoliens et solaires programmés à l’horizon 2030, le plan 2025-2030 prévoit ainsi le déploiement de 1 500 MW de BESS et de 350 MW additionnels de capacité STEP-qui s’ajoutent à nos installations hydrauliques existantes. La flexibilité thermique est aussi assurée à travers les centrales fonctionnant au gaz naturel totalisant une capacité additionnelle dépassant les 3,2 GW. Ces capacités constituent le bouclier opérationnel qui permettra à l’ONEE d’assurer l’équilibre offre-demande en temps réel, même avec un taux d’ENR dépassant 50 % du mix.

Hamane a souligné que la flexibilité ne se limite pas au stockage physique. Elle recouvre également d’autres leviers dont notamment la gestion active de la demande et l’optimisation des interconnexions régionales.

L’atteinte de ces objectifs requiert une mobilisation collective de l’ensemble des acteurs. Les industriels, les investisseurs privés, les développeurs de projets et les institutions financières-comme ceux présents aujourd’hui-sont des partenaires indispensables.

De son côté, M. Rik De Buyserie, vice-président de la Fédération de l’Energie et CEO d’ENGIE North Africa, représentant le Président de la Fédération de l’Energie a souligné que la thématique retenue pour ce workshop est en effet au cœur de la stratégie énergétique nationale : comment réussir le passage d’une intégration progressive à une intégration massive des énergies renouvelables. Au Maroc, la flexibilité et le stockage ne sont plus des sujets périphériques. Ce sont désormais des priorités stratégiques, parce qu’ils sont indispensables pour transformer notre potentiel naturel exceptionnel en souveraineté énergétique concrète, durable et compétitive.

L’objectif national de 52 % de capacités renouvelables à l’horizon 2030 illustre bien cette ambition. Mais atteindre cet objectif suppose de relever un défi de taille : celui de la gestion de l’intermittence du solaire et de l’éolien, afin de préserver à tout moment la stabilité du réseau et la sécurité d’approvisionnement.

Selon M. De Buyserie, l’un des grands objectifs du Maroc pour la période 2025-2030 est de renforcer significativement sa capacité installée en énergies renouvelables, en passant de 45,4 % aujourd’hui à 56 % d’ici 2027. C’est une ambition forte, structurante, portée sous la conduite de l’ONEE, et soutenue par un programme d’investissement majeur dans le secteur de l’électricité.

Ce programme prévoit l’ajout de 12,5 GW de capacités supplémentaires, avec un accent particulier sur le développement de projets solaires et éoliens de grande envergure.

Mais produire davantage d’énergie renouvelable ne suffit pas. Il faut aussi être en mesure de l’intégrer efficacement au système électrique, de la piloter, de la valoriser au bon moment, et d’en garantir la disponibilité lorsque le réseau en a besoin. Selon M. De Buyserie, c’est là que la question de la flexibilité devient décisive.

Pour réussir cette transformation, le Maroc fait donc le choix non seulement d’accélérer le développement des centrales solaires et éoliennes, mais aussi de moderniser ses infrastructures et de déployer des solutions de stockage adaptées.

La variabilité des énergies renouvelables nécessite en effet de nouveaux moyens pour répondre à la demande de manière continue, fiable et optimisée. À cet égard, l’ONEE a prévu la mise en place de systèmes de batteries de stockage, les BESS, pour une capacité totale de 1 600 MWh.

C’est un signal fort, qui montre bien que l’intégration massive des renouvelables suppose une approche systémique, dans laquelle la production, le réseau, le stockage et les usages doivent progresser ensemble.

Cette transition repose par ailleurs en grande partie sur la mobilisation du secteur privé, qui devra financer 72 % des investissements nécessaires.

Le rôle du privé sera donc essentiel. Il ne s’agit pas seulement d’un apport en capital. Il s’agit aussi de mobiliser des expertises, des solutions technologiques de pointe, des capacités d’innovation, et une culture de l’exécution indispensable à la réussite de cette transformation.

En d’autres termes, concrétiser cette ambition nécessite à la fois une accélération du déploiement des capacités renouvelables et un renforcement continu de la flexibilité du système électrique.

Cela passe aussi, selon M. De Buyserie, par la modernisation des réseaux, à travers leur automatisation et leur digitalisation, pour mieux gérer des flux énergétiques de plus en plus variables et permettre des échanges plus fluides, plus intelligents et plus bidirectionnels entre producteurs et consommateurs.

Et de conclure que le sujet de ce workshop est donc un sujet de vision, mais aussi un sujet très opérationnel. Et c’est tout l’intérêt de mettre autour de la table les acteurs concernés, partager les expériences, confronter les points de vue et identifier ensemble les leviers concrets qui permettront d’accompagner cette nouvelle étape de la transition énergétique du Royaume.