Environnement : débat sur la sécurisation du financement de la Contribution déterminée au niveau national
La sécurisation du financement des projets climatiques liés à la Contribution déterminée au niveau national (CDN) a été au centre d’une rencontre tenue le 23 janvier à Rabat.
Organisée par l’Association des Enseignants des Sciences de la Vie et de la Terre (AESVT-Maroc) en partenariat avec l’Alliance Marocaine pour le Climat et le Développement Durable (AMCDD) et l’Alliance Panafricaine de la Justice climatique (PACJA), cette rencontre a réuni des représentants d’institutions publiques et de la société civile ainsi que des experts, autour de la question du financement des CDN de troisième génération (CDN 3.0) en tant que plans nationaux d’action climatique visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES).
Lors de ce débat axé sur le thème « Comment réussir le challenge de sécurisation du financement des projets de la CDN 3.0 en alignement avec la Stratégie nationale bas-carbone (SNBC) et le Programme national d’assainissement liquide (PNA) du Maroc », les intervenants ont souligné la nécessité de passer de la phase de planification à celle de l’implémentation opérationnelle et territoriale, dans un contexte national marqué par l’urgence climatique.
La réussite de la transition énergétique et écologique du Royaume repose sur la synergie entre l’effort budgétaire de l’État pour les projets inconditionnels et la mobilisation efficiente de la finance internationale pour les projets conditionnels, ont-ils soutenu, estimant que cette formule, qui associe administrations publiques, secteur privé et société civile, est indispensable pour garantir l’appropriation sociale des projets et l’atteinte des objectifs de réduction de 53% des GES d’ici 2035.
Intervenant à cette occasion, le directeur général de l’Agence Marocaine pour l’Efficacité énergétique (AMEE), Mohamed Benyahia, a indiqué que l’efficacité énergétique constitue un levier majeur de la décarbonation qui contribue à hauteur de deux tiers à la réduction des émissions globales du pays.
L’enjeu majeur réside dans la capacité à mobiliser environ 90 milliards de dirhams d’investissement par an sur la prochaine décennie pour répondre aux besoins globaux de la CDN, a-t-il dit, appelant à explorer diverses possibilités de financement, notamment à travers le Fonds Mohammed VI pour l’Investissement et les collectivités territoriales, pour soutenir cette ambition.
Pour sa part, Ismahane Khribech, représentante du ministère de la Transition énergétique et du Développement durable, a mis en avant le caractère innovant de la CDN 3.0, qualifiée de « CDN de nation », qui implique toutes les parties prenantes et qui est alignée sur la programmation budgétaire pluriannuelle 2026-2028 de l’État.
Cette cohérence institutionnelle vise à rassurer les bailleurs de fonds internationaux sur la crédibilité des engagements du Royaume, a-t-elle souligné, assurant que les projets inconditionnels (menés sans appui international) bénéficient déjà d’une assise financière nationale solide.
Dans une déclaration, Saïd Chakri, coordinateur national de PACJA-Maroc et représentant de l’AMCDD, a mis l’accent sur la partie de la CDN conditionnée par un appui extérieur, considérant que le débat devrait porter sur la définition des priorités nationales et des mécanismes à mettre en place afin de drainer le financement international nécessaire.
Cette rencontre a pour objectifs d’identifier des solutions concrètes pour sécuriser le financement des projets de la CDN 3.0, optimiser l’alignement avec la SNBC 2050 et le PNA, renforcer le dialogue multi acteurs et proposer des recommandations opérationnelles et territorialement adaptées à l’amélioration de l’efficacité de la mise en œuvre de cette contribution.
Les CDN sont des plans nationaux d’action climatique élaborés par chaque pays dans le cadre de l’Accord de Paris, dans l’objectif de réduire les émissions de gaz à effet de serre, contribuer à atteindre l’objectif mondial de limiter la hausse des températures à 1,5 °C et s’adapter aux impacts des changements climatiques. En 2025, les Parties doivent soumettre leurs contributions déterminées au niveau national de troisième génération, les « CDN 3.0 ».




