Journée mondiale de l’eau : L’UpM se mobilise en faveur de la sécurité hydrique en Méditerranée
Les 43 États membres de l’Union pour la Méditerranée (UpM) ont adopté trois stratégies structurantes visant à garantir la sécurité hydrique dans le bassin méditerranéen, a annoncé, le 19 mars, l’organisation.
Ces nouveaux cadres d’action, adoptés à l’occasion de la Journée mondiale de l’eau, orienteront la coopération euro-méditerranéenne en matière de gestion de ressources hydriques à l’horizon 2030. Ils interviennent dans un contexte d’urgence climatique sans précédent, la région se réchauffant 20% plus rapidement que la moyenne mondiale.
Cette évolution, ajoute la même source, menace directement la sécurité de plus de 500 millions de personnes vivant de ressources limitées et interdépendantes.
Selon l’UPM, le premier axe porte sur la stratégie d’interdépendance « Eau-Énergie-Alimentation-Écosystèmes », élaborée en partenariat avec le PNUE/PAM, le GWP-Med et le projet WES-BCA de l’Union européenne.
Cette approche promeut une gouvernance intégrée « de la source à la mer », conciliant les besoins vitaux de l’agriculture, qui mobilise entre 60 et 70% des prélèvements d’eau, avec les impératifs énergétiques et la préservation des écosystèmes côtiers, afin d’éviter une gestion sectorielle fragmentée au détriment des populations les plus vulnérables.
Le second pilier concerne le financement durable du secteur de l’eau. Ce cadre stratégique propose une feuille de route visant à remédier au sous-financement chronique des services hydriques en Méditerranée, à encourager le recours au financement mixte et à moderniser les infrastructures.
Il met également l’accent sur la nécessité de garantir la viabilité économique des services tout en assurant un accès équitable à l’eau pour les ménages à faibles revenus et les communautés rurales.
Quant au troisième volet, il met l’accent sur la transformation numérique du secteur hydrique. L’objectif est de promouvoir l’usage de l’intelligence artificielle, des capteurs et des compteurs intelligents afin d’améliorer la gestion de la pénurie, d’optimiser la distribution et de réduire les pertes d’eau.
Pour le secrétaire général de l’UpM, Nasser Kamel, cité dans le communiqué, ces décisions illustrent « l’ambition collective » de la communauté méditerranéenne, malgré la complexité géopolitique de la région, rappelant que « l’eau est le fondement de la vie, du développement et de la paix ».
De son côté, le secrétaire général adjoint, Joan Borrell, a salué les avancées concrètes enregistrées dans plusieurs pays du Sud et de l’Est de la Méditerranée, citant à cet égard le Maroc, l’Égypte, la Jordanie et le Liban comme des États pionniers ayant déjà intégré ces approches dans leurs mécanismes institutionnels nationaux.
L’UpM a enfin rappelé qu’aucun pays ne peut gérer seul des ressources hydriques partagées et que ces trois stratégies constituent des leviers essentiels pour stabiliser la région, prévenir les tensions liées à l’eau et accélérer la réalisation de l’Objectif de développement durable n°6 des Nations Unies d’ici 2030.




