Le secteur cimentier, véritable catalyseur de la décarbonation industrielle au Maroc

Le secteur cimentier constitue un véritable catalyseur de la décarbonation industrielle au Maroc, a souligné, le 1er avril à Bouknadel, la ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leila Benali.

« Au-delà de son rôle traditionnel, le secteur cimentier s’affirme désormais comme un véritable catalyseur de la décarbonation industrielle au Maroc, contribuant directement au renforcement de la souveraineté économique et énergétique du Royaume », a dit Mme Benali lors de l’ouverture d’une conférence dédiée à la présentation de la feuille de route de décarbonation du secteur cimentier marocain.

Et de poursuivre que l’entrée en vigueur, en 2026, du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM) de l’Union européenne confère une urgence accrue à l’action, dans la mesure où le coût du carbone s’impose désormais comme un déterminant majeur de compétitivité, plaçant le secteur cimentier, fortement émetteur, au centre des enjeux stratégiques.
Dans ce sillage, la ministre a appelé les industriels à accélérer leur transition vers des standards bas carbone, en renforçant leurs systèmes de mesure, de reporting et de vérification, tout en anticipant les coûts futurs liés au carbone.

En effet, la Contribution Déterminée au niveau national (CDN 3.0) prévoit 8 projets visant à réduire les émissions du ciment, avec un potentiel d’atténuation de 2,54 millions de tonnes de CO₂ d’ici 2035, reposant sur des leviers tels que l’économie circulaire, l’innovation industrielle et les technologies de rupture.

Parallèlement, elle a soulevé que le ministère travaille activement à la mise en place d’un marché carbone national crédible avec un double intérêt portant sur l’introduction d’un prix du carbone progressif pour accompagner les investissements et la garantie que toute taxe payée au niveau national soit déduite du coût des certificats européens (CBAM), préservant ainsi la souveraineté économique et la valeur ajoutée sur le territoire marocain.

Pour soutenir cette infrastructure, elle a relevé que son département renforce les outils tels que le système de mesure, de suivi et de vérification (MRV). « Nous actualisons le Bilan Carbone Maroc et nous appuyons l’accréditation d’une entité nationale selon les normes internationales les plus strictes ».

Dans ce sillage, Mme Benali a indiqué que la transformation du secteur cimentier appelle des investissements conséquents. « À cet égard, le Maroc s’appuie sur un ensemble d’instruments financiers et de mécanismes internationaux, notamment les fonds climatiques tels que le Fonds Vert pour le Climat et le Fonds pour l’Environnement mondial ».
Dévoilée lors d’une conférence initiée par l’Association Professionnelle des Cimentiers (APC), ladite feuille de route est le fruit d’une démarche de co-construction associant le ministère de l’Industrie et du Commerce, le ministère de la Transition énergétique et du Développement durable, le Global Cement and Concrete Association (GCCA), la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement (BERD), des associations et fédérations partenaires ainsi que des institutions nationales concernées et des cabinets d’expertise.