L’Université Al Akhawayn à Ifrane (AUI) a confirmé son leadership scientifique en accueillant, les 5 et 6 février, la première édition de la Conférence Internationale sur l’Avenir de l’Énergie (ICEF’26), vitrine mondiale de l’innovation énergétique.

Pendant deux jours, le campus de l’Université Al Akhawayn s’est ainsi transformé en véritable carrefour mondial de la réflexion énergétique. Organisée en partenariat avec l’Université Prince Mohammad Bin Fahd (PMU – Arabie Saoudite), cette première édition a rassemblé chercheurs, décideurs et experts venus des quatre coins du monde pour imaginer ensemble les solutions énergétiques de demain.

En format hybride, plus de 150 participants issus de 20 pays – du Maroc à l’Arabie Saoudite, en passant par le Canada, les Etats-Unis ou la Malaisie– ont pris part aux échanges, confirmant le rôle du Maroc comme hub régional stratégique pour la recherche scientifique et l’innovation durable.

Pensée comme une plateforme d’excellence dédiée à la transition énergétique et à la résilience climatique, ICEF’26 a permis de croiser expertises académiques, perspectives institutionnelles et applications industrielles.

Selon l’AUI, l’événement illustre également son engagement croissant à contribuer activement aux solutions concrètes face aux défis énergétiques et climatiques mondiaux.
L’enthousiasme suscité par la conférence témoigne de son rayonnement : 373 articles scientifiques soumis par des chercheurs du monde entier. À l’issue d’un processus d’évaluation rigoureux mené par des comités internationaux, 156 articles ont été retenus, soit un taux d’acceptation sélectif de 41,8 %, répartis sur 9 sessions thématiques consacrées aux technologies, innovations et stratégies énergétiques de nouvelle génération.

Fait marquant : Pour la première fois au Maroc dans le cadre d’une conférence de cette envergure, l’ensemble des contributions acceptées sera publié dans des actes scientifiques indexés Scopus par l’éditeur américain Materials Research Forum.

En complément, 35 articles d’excellence feront l’objet de publications étendues dans des revues internationales de référence, notamment Engineering Research Express (IOP Publishing) et Energy Exploration & Exploitation (SAGE Publishing).

La conférence a accueilli plusieurs figures majeures du secteur, parmi lesquelles le Directeur Général de l’Institut de Recherche en Énergie Solaire et Énergies Nouvelles (IRESEN), Samir Rachidi, ainsi que Soukaina Boudoudouh (IRESEN), Yassine Zegzouti (GIZ) et Kwan San Hui (PMU).

Leurs interventions ont mis en lumière les enjeux clés du stockage de l’énergie, de l’innovation durable et de la transition énergétique, particulièrement pour l’Afrique et les économies émergentes.
Au-delà des échanges scientifiques, ICEF’26 a renforcé la coopération institutionnelle entre l’AUI et la PMU. La présence des présidents et hauts responsables académiques des deux universités lors de la cérémonie officielle a souligné une ambition commune : accélérer la recherche collaborative, l’innovation énergétique et les mobilités académiques entre les deux pays.

La participation d’une délégation officielle saoudienne, composée de dirigeants universitaires et d’experts en énergie, a consolidé ces liens stratégiques. La conférence s’est conclue par une cérémonie de remise de prix célébrant les contributions scientifiques les plus remarquables.

‘’L’ICEF 2026 est particulièrement significatif car il représente la première édition de la Conférence Internationale sur l’Avenir de l’Énergie, organisée conjointement par l’AUI et la PMU’’, a souligné le Professeur Jamal Nayfeh, Doyen de l’Ingénierie à la PMU, cité dans un communiqué de l’AUI, ajoutant que ‘’les expériences passées et l’hospitalité du Maroc continuent de renforcer les liens profonds entre nos deux institutions’’.



L’Institut de Recherche en Énergie Solaire et Énergies Nouvelles (IRESEN), l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P), le Green Energy Park Maroc et l’Institut national polytechnique Houphouët-Boigny (INP-HB) ont procédé le 13 février à l’inauguration officielle du Green Energy Park Maroc-Côte d’Ivoire (GEP-MCI).

Implanté à Yamoussoukro au sein de l’INP-HB, cette infrastructure dédiée à la recherche appliquée, à l’innovation technologique et à la formation dans le domaine des technologies solaires et de leurs applications, marque une nouvelle étape dans la coopération scientifique et technologique Sud-Sud.

La plateforme GEP-MCI est conçue comme une infrastructure de test, de caractérisation et de démonstration technologique, spécialisée dans les technologies solaires photovoltaïques et thermiques, ainsi qu’à leurs applications dans les secteurs de l’agriculture et du traitement de l’eau, dans des conditions climatiques semi-tropicales.

Elle vise à accompagner le développement de solutions adaptées aux contextes africains, en combinant recherche appliquée, innovation et formation. Cette nouvelle plateforme s’inscrit dans la continuité et reproduit le modèle éprouvé du Green Energy Park de Benguerir (Maroc).

Référence africaine en matière de mutualisation de la recherche et d’innovation collaborative, le site marocain, développé conjointement par l’IRESEN en partenariat avec le Groupe OCP et l’UM6P, sert de modèle pour la création de synergies durables entre la science et l’industrie.

Inauguré en 2017 par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, Green Energy Park de Benguerir est une plateforme de Recherche & Développement & Innovation et de formation dont la mission est de supporter la transition et l’efficacité énergétique au niveau national et continental.
Le GEP-MCI en est le premier jalon de duplication à l’échelle continentale, permettant d’étendre les travaux de R&D&I à de nouveaux contextes environnementaux et de valider des technologies adaptées à différentes régions d’Afrique. Il représente également un modèle régional de valorisation des résultats de la recherche et de l’innovation, à travers la création de startups, le transfert technologique et l’expertise au service des industriels.

Pensé comme complémentaire à cette infrastructure de référence, le GEP-MCI permettra d’étendre et de renforcer les travaux de recherche et d’innovation menés au Maroc, en offrant un cadre d’expérimentation et de validation des technologies solaires dans des conditions climatiques différentes. À ce titre, plusieurs projets pilotes, développés dans le cadre des appels à projets financés par l’IRESEN et portés par des universités et entreprises marocaines, y seront déployés.

Cette initiative qui concrétise la vision de coopération scientifique et technologique panafricaine portée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu l’assiste, constitue l’une des premières initiatives structurantes de partenariat Sud-Sud en matière de recherche, d’innovation et de renforcement des capacités locales et à créer des écosystèmes d’innovation résilients.

Samir Rachidi, directeur Général de l’IRESEN et président du Conseil d’administration du Green Energy Park, a affirmé que « le Green Energy Park Maroc-Côte d’Ivoire traduit une ambition claire : mettre la recherche et l’innovation appliquées au service du développement durable et de la réussite des grands projets énergétiques en Afrique ».

« En s’appuyant sur l’expérience du Green Energy Park de Benguerir, cette plateforme contribuera au renforcement des capacités locales, au transfert de compétences et à la structuration d’écosystèmes d’innovation capables d’accompagner la transition énergétique du continent ».

De son côté, le directeur général du Green Energy Park, Mohamed Bousseta a indiqué que « l’inauguration du Green Energy Park Maroc-Côte d’Ivoire incarne la raison d’être de l’UM6P : construire, par la science et l’innovation, des ponts concrets et durables entre les écosystèmes africains et permettre aux compétences africaines de développer des solutions technologiques adaptées aux conditions locales et de pouvoir créer des startup et des opportunités d’emploi pour les jeunes africains ».

« En transposant le modèle éprouvé du Green Energy Park de Benguerir, nous partageons un écosystème complet de recherche, de formation et d’entrepreneuriat », a-t-il dit, relevant que la plateforme « constitue un accélérateur de souveraineté technologique pour notre continent, où les solutions pour l’Afrique sont conçues, testées et déployées en Afrique, par des talents africains ».







L’Office National des Hydrocarbures et des Mines (ONHYM) a tenu, le 16 février à Rabat, la 23e session de son Conseil d’Administration sous la présidence de la ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leila Benali, et en présence du Directeur Général de l’Agence Nationale de Gestion Stratégique des Participations de l’État et de suivi des performances des établissements et entreprises publics (ANGSPE), Abdellatif Zaghnoun.

Au cours de cette réunion, Amina Benkhadra, Directeur Général de l’ONHYM a présenté l’activité de l’Office au cours de l’année 2025, le projet de budget 2026 et l’arrêté des comptes sociaux et consolidés de l’exercice 2024.

Ainsi, en matière de recherche et développement des Hydrocarbures, le portefeuille du partenariat hydrocarbures compte, à fin décembre 2025, 11 sociétés opérant en partenariat avec l’ONHYM dans la recherche des hydrocarbures conventionnels, sur une superficie totale de 107 870,91 km² répartie en 10 permis onshore, 30 permis offshore, 2 autorisations de reconnaissance offshore et 3 concessions d’exploitation, fait savoir la même source, ajoutant que le domaine minier opéré par l’ONHYM seul est constitué de deux concessions d’exploitation d’une superficie totale de 40,51 km2.

A fin décembre 2025, les investissements globaux se sont élevés à 394,59 millions de DH dont 93.6% par les partenaires.

Quant à l’activité recherche minière, les travaux se sont focalisés à fin 2025 sur les métaux stratégiques et de base, les métaux précieux, les roches et minéraux industriels et les substances énergétiques, relève l’Office, précisant qu’une attention particulière a été accordée aux substances critiques et stratégiques liées à la transition énergétique.

Et de noter que ces travaux ont porté sur plusieurs projets situés dans les zones les plus prometteuses du pays et ont concerné 21 projets propres et 24 projets en partenariat.

Dans le cadre de la recherche stratégique, les travaux ont concerné le projet intégré de l’Anti-Atlas, ainsi que la recherche des substances énergétiques nouvelles et renouvelables (Géothermie, Hydrogène naturel, Stockage géologique de l’énergie, Système d’Information Géologique Minier (SIGMINES), Levé magnétotellurique (Provinces du Sud).

L’ONHYM en tant que leader dans les phases amont de l’exploration minière, a renforcé ses activités ces dernières années sur une très large gamme de substances stratégiques et critiques (REE, Nb, Ta, Th, U, Cu, Co, Li, Mn …) nécessaires à la transition énergétique et à la transformation numérique, souligne le communiqué, notant que les travaux ont essentiellement porté sur les projets de Targhat (REE, Nb), Bir El Mami (Li), Merija (Cu), Oulad Yaacoub (Cu), Tizi N’Ouchene (Cu, Co), Alma (Cu), Amane Tazougart (Cu, Ag) et Tassent-Anefgou (Ni, Cu).

Afin 2025, onze accords de partenariats ont été conclus avec différents partenaires miniers, indique la même source, ajoutant que plusieurs prospects, mis en évidence par l’ONHYM, ont font l’objet de partenariat avec des opérateurs nationaux et étrangers.

Par ailleurs, l’audit de surveillance n°2 des Laboratoires Mines, mené en novembre 2025 conformément à la norme ISO 9001/2015, a conclu au maintien de la certification.

S’agissant des activités Midstream, l’ONHYM a mené plusieurs projets majeurs, notamment la gestion du GME (Gazoduc Maghreb Europe) totalement reprise depuis le 31 octobre 2021 (maintenance du gazoduc et le transport du gaz de l’Espagne vers les centrales de l’ONEE).

En guise de projets majeurs, l’Office cite également le projet de Gazoduc Africain Atlantique, précisant que l’année 2025 a été marquée par des avancées stratégiques significatives, consolidant plusieurs réalisations clés.

Et de poursuivre que sur le plan technique, les études de faisabilité sont achevées, les études d’ingénierie d’avant-projet détaillées ont été finalisées et validées et le tracé et le phasage du projet ont été fixés, alors que sur le plan commercial, le business plan et le modèle économique ont été développés aboutissant sur des paramètres économiques et commerciaux viables, les tarifs de transport montrent la compétitivité du projet par rapport au gaz naturel liquéfié (GNL) et des offtakers ont été identifiés.

Et de rappeler que OMCo, filiale de l’ONHYM, est en charge des activités liées au transport du gaz naturel (notamment la gestion, l’entretien, la réparation et le développement de réseaux).
Quant à la production d’Hydrocarbures, l’Office relève que la production de gaz naturel et de condensât s’est poursuivie dans les deux régions du Gharb et Essaouira.

Quant au volet relatif à la la coopération, l’ONHYM indique avoir participé à plusieurs grandes manifestations internationales afin de promouvoir les projets miniers auprès de l’industrie minière internationale et assurer la promotion des bassins marocains auprès de l’industrie pétrolière internationale, notant que plusieurs manifestations d’intérêt de la part de sociétés minières et pétrolières souhaitant conclure des accords de partenariat avec l’ONHYM ont été reçues.

A l’occasion de cette séance, le conseil a approuvé les comptes consolidés et les comptes sociaux au titre de l’exercice 2024 et le projet de budget 2026 et a pris acte de la transformation en cours de l’ONHYM en Société Anonyme, dans le cadre de la loi-cadre n°50-21 des Etablissements et Entreprises Publics (EEP).







Le Conseil de l’Autorité Nationale de Régulation de l’Électricité (ANRE), réuni le 17 février, a fixé le tarif de l’excédent de l’énergie électrique produite dans le cadre des lois N 40-19 et N 82-21 pour la période de régulation allant du 1er mars 2026 au 28 février 2027 et a procédé aux ajustements annuels des tarifs d’utilisation du réseau électrique national.

« Dans le cadre de la mise en œuvre des Hautes Orientations de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, visant à encourager une transition énergétique durable, l’ANRE fixe le tarif de l’excédent de l’énergie électrique pouvant être cédé par les producteurs au titre de la loi N 13-09 relative aux énergies renouvelables, et de la loi N 82-21 relative à l’autoproduction de l’énergie électrique aux gestionnaires du réseau électrique national concernés, et ce pour une première période de régulation allant du 1er mars 2026 au 28 février 2027 ».

Le tarif est ainsi fixé à 21 centimes le kilowattheure en Heures de Pointe et à 18 centimes le kilowattheure en Heures hors Pointe.

Pour cette première période de régulation, l’ANRE adopte le principe d’un tarif unique, avec une différenciation par poste horaire, pour l’achat de l’excédent d’énergie électrique, applicable à toutes les installations de production.

Le tarif fixé s’applique au réseau de haute et très haute tension ainsi qu’aux réseaux électriques de moyenne tension de la distribution, fait savoir l’Autorité, ajoutant que le tarif applicable au réseau de la basse tension sera fixé par l’ANRE après la mise en place du cadre réglementaire et technique adéquat.

La courte durée de cette période de régulation s’explique par la volonté de l’ANRE d’harmoniser les périodes tarifaires de l’ensemble des tarifs et de procéder à une évaluation complète du cadre tarifaire appliqué en vue de son amélioration, et ce à l’issue de sa première période de régulation prévue début 2027.

Dans la fixation de ce tarif, l’ANRE a veillé, dans toute la mesure du possible, à concilier l’équilibre économique pour les producteurs et auto-producteurs avec les contraintes financières des gestionnaires du réseau électrique national, tout en soutenant activement la transition énergétique durable.

« La publication du tarif de l’excédent de l’énergie électrique est un nouveau jalon sur la voie de la construction d’un cadre tarifaire évolutif, dans le respect des lois et règlements en vigueur et d’une régulation qui vise à accompagner le développement progressif et harmonieux du secteur électrique national ».

La prochaine brique à apporter à cet édifice sera la fixation de la contribution liée aux services de distribution prévue par la loi N 82-21 relative à l’autoproduction de l’énergie électrique.
Par ailleurs, et en application de la décision N 02/24 du 5 février 2024 fixant le tarif d’utilisation du réseau électrique national de transport et de la décision n° 02/25 du 19 février 2025 fixant le tarif d’utilisation des réseaux électriques de moyenne tension de la distribution, le Conseil de l’ANRE a adopté également les décisions portant ajustement desdits tarifs.

C’est ainsi que le tarif d’utilisation du réseau électrique national de transport (TURT) est fixé à 6,85 centimes le kilowattheure au 1er mars 2026, le tarif d’utilisation des réseaux électriques de moyenne tension de la distribution (TURD) est fixé à 6,07 centimes le kilowattheure au 1er mars 2026, alors que la rémunération des services système (TSS) est fixée à 6,81 centimes le kilowattheure pour la même période. 



Le Maroc peut jouer un rôle de « moteur de la transition énergétique » du transport maritime mondial, à la faveur de sa position géographique stratégique, ses ressources abondantes en énergies renouvelables et son potentiel de production d’hydrogène à faible coût, affirme la Banque mondiale (BM).

Le Royaume se positionne « déjà en tant qu’acteur clé du transport maritime, et ses ports sont prêts à servir de plaques tournantes pour la production, le stockage, le soutage et l’exportation d’hydrogène vert », souligne la BM dans un article consacré aux atouts et potentialités du Maroc en la matière, publié sur son site internet.

Selon l’institution internationale, l’accélération du développement de la filière de l’hydrogène vert au Maroc créera de l’emplois, générera des revenus supplémentaires, améliorera l’accès à l’eau potable et renforcera l’approvisionnement en électricité.

Et d’ajouter que l’énergie renouvelable excédentaire générée par la production d’hydrogène peut également servir aux communautés locales.

Les auteurs de cette étude font observer que le secteur maritime mondial se trouve à un tournant décisif, en ce sens qu’il doit relever un double défi, à savoir répondre à une demande croissante de services de transport maritime tout en gérant ses émissions de manière responsable.

A cet égard, les dérivés de l’hydrogène vert, comme l’ammoniac et le méthanol, s’imposent comme des options prometteuses pour remplacer les carburants traditionnels dans le transport maritime.

Par conséquent, des quantités importantes d’hydrogène vert seront nécessaires pour alimenter le transport maritime ainsi que d’autres secteurs, observe la BM, relevant que cela représente une « excellente opportunité » pour certains pays, comme le Maroc, de tirer profit d’une industrie nouvelle et en pleine croissance.

« Le Maroc, grâce à sa position géographique stratégique, ses ressources abondantes en énergies renouvelables et son potentiel de production d’hydrogène à faible coût, est bien placé pour répondre à cette demande », estime la Banque mondiale.

A ce propos, l’institution mondiale relève que les infrastructures portuaires constituent un élément majeur du cadre stratégique du gouvernement marocain pour développer la filière de l’hydrogène vert, notant que des ports marocains comme ceux de Tanger Med, Mohammedia, Jorf Lasfar et Tan-Tan pourraient jouer un rôle déterminant dans la réalisation des ambitions du Maroc en matière d’hydrogène vert.

En effet, le Groupe de la Banque mondiale estime que, d’ici 2030, dans un scénario de demande moyenne, les navires faisant escale dans les ports marocains pourraient nécessiter environ 0,2 million de tonnes d’hydrogène-équivalent en carburant, et environ 2,83 millions de tonnes d’ici 2050. Cet hydrogène serait converti en combustible marin vert sous forme d’ammoniac ou de méthanol.

Actuellement, Tanger Med, l’un des plus grands ports à conteneurs au monde, traite autour de 1,5 million de tonnes de carburants fossiles destinés au transport maritime chaque année, relève la BM, estimant que ce port marocain est bien placé pour devenir un hub de soutage de carburant vert, captant la demande des navires transitant par l’un des couloirs maritimes les plus fréquentés au monde.

Le port de Jorf Lasfar joue également un rôle stratégique dans cette transformation, en traitant déjà environ deux millions de tonnes d’ammoniac par an, ajoute-t-on, notant que cela en fait un site idéal pour intégrer les dérivés de l’hydrogène vert comme intrants dans les procédés industriels existants.

« En utilisant l’ammoniac vert pour produire des engrais, Jorf Lasfar pourrait contribuer à la décarbonisation du secteur des engrais au Maroc », soulignent encore les auteurs de l’article.
Au-delà du secteur maritime, les ressources marocaines en énergies renouvelables constituent la base d’une production d’hydrogène vert à grande échelle et à faible coût, soutient l’article.

Et de souligner que l’intérêt pour l’hydrogène vert est porté par la croissance de la demande mondiale en énergie et en carburants, y compris les alternatives aux combustibles fossiles.

L’article relève, par ailleurs, que l’Europe, dans le cadre de son initiative « REPowerEU », devrait importer plus de 10 millions de tonnes d’hydrogène vert par an d’ici 2030, faisant du Maroc un partenaire naturel en raison de sa proximité et de son potentiel de production.

Les voies maritimes qui traversent le détroit de Gibraltar renforcent davantage la position du Maroc en tant que pôle mondial de l’hydrogène, conclut la BM.





La ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leila Benali s’est entretenue le 19 février à Paris, avec le ministre français de l’Économie, Roland Lescure.

Lors de cette entrevue, tenue en marge de la Réunion ministérielle 2026 de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), les deux ministres ont réaffirmé leur volonté de consolider la coopération bilatérale, spécifiquement dans les domaines de l’énergie, de l’interconnexion électrique et de la transition énergétique.

Ils ont passé en revue les avancées réalisées en la matière, ainsi que les moyens à mettre en place à même d’accélérer la cadence de la mise en œuvre des projets élaborés.

Les deux parties ont, de même, souligné l’importance du Royaume en tant que corridor énergétique reliant l’Afrique, l’Europe et l’Atlantique, ainsi que la nécessité de renforcer les partenariats face aux défis énergétiques.

Mme Benali et M. Lescure ont, en outre, examiné les perspectives de coopération pour le renforcement de la place centrale que joue le Maroc dans le bassin méditerranéen et au niveau du continent africain, en tant que connecteur en matière énergétique.

Cette rencontre s’inscrit dans la dynamique impulsée par la visite d’État du Président français, Emmanuel Macron au Royaume, à l’invitation de Sa Majesté le Roi Mohammed VI en octobre 2024, et qui a été marquée par la signature de plusieurs accords, dont celui portant sur un partenariat stratégique en matière d’énergie, d’interconnexion électrique et de transition énergétique.



La ministre de la Transition énergétique et du développement durable, Leila Benali, a mis en avant, le 18 février à Paris, le rôle stratégique du Maroc en matière de développement des énergies propres, à l’occasion de la Réunion ministérielle 2026 de l’Agence internationale de l’énergie (AIE).

Dans une déclaration en marge de sa participation à cette réunion qui s’est tenue au siège de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), Mme Benali a souligné « l’excellent potentiel » du Royaume, notamment en termes d’éolien et de solaire, tout en insistant sur la nécessité d’investir dans des infrastructures énergétiques durables, et de renforcer les interconnexions avec les pays et les continents voisins, particulièrement l’Europe.
La ministre a relevé à cet égard l’importance de doter les opérateurs nationaux, particulièrement les électriciens et les gestionnaires de réseaux de transport, de systèmes énergétiques efficaces à même de faire face aux risques du 21ème siècle, notamment ceux de cybersécurité, et d’investir dans des infrastructures adaptées aux évolutions technologiques.

Elle a mis en avant les efforts du Maroc en la matière, citant parmi les grandes réformes entamées dans ce contexte, la récente loi de transformation de l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM).

Et la ministre de conclure qu’il est tout aussi essentiel de prendre en compte l’impact du changement climatique, dont les effets s’accentuent de manière accélérée.

Mme Benali participe à la Réunion ministérielle 2026 de l’AIE, qui vise à dresser le bilan des réalisations de l’Agence et d’examiner les principaux enjeux et perspectives énergétiques mondiaux, à la tête d’une délégation composée notamment de hauts responsables de son département.

Deux jours durant, cet évènement rassemble les ministres de l’Énergie de la famille de l’AIE, pays membres et associés, en vue de faire le point sur les dernières évolutions des marchés et des politiques énergétiques, outre leurs implications sur la sécurité énergétique, l’accessibilité financière et la durabilité.

Le Maroc avait rejoint la famille de l’Agence Internationale de l’Énergie en tant que pays associé en 2016.



L’expérience marocaine en matière de développement des énergies renouvelables, de renforcement de l’efficacité énergétique et de promotion de l’intégration régionale a été mise en avant, le 29 janvier, lors des travaux de la 5 session du Forum parlementaire Maroc-France.
Les participants à un panel tenu à la Chambre des représentants sous le thème « Transition énergétique et énergies renouvelables » ont mis en lumière les enjeux de la transition énergétique dans un contexte marqué par des changements climatiques et économiques mondiaux.
Les intervenants se sont également attardés sur la nécessité de renforcer la coopération bilatérale et multilatérale en faveur d’une transition énergétique juste et inclusive, prenant en considération les dimensions économiques, sociales et environnementales, tout en consolidant la sécurité énergétique et le développement durable.

À cette occasion, le président de la Chambre des conseillers, Mohamed Ould Errachid, a rappelé que la transition énergétique constitue aujourd’hui l’un des principaux leviers stratégiques pour consolider la souveraineté décisionnelle en matière de développement et garantir la sécurité de l’approvisionnement dans un contexte international particulièrement complexe.

Il a, par ailleurs, évoqué les défis pratiques de la transition vers les énergies renouvelables, notamment la modernisation des réseaux, le développement des capacités de stockage, la mobilisation des investissements ainsi que la répartition équitable des opportunités énergétiques entre les espaces et les régions.

Dans cette perspective, M. Ould Errachid a relevé que l’expérience marocaine s’inscrit dans une vision nationale à long terme, marquée par l’adoption, depuis 2009, d’une stratégie énergétique ambitieuse visant à porter la part des énergies renouvelables dans le mix électrique à plus de 52% à l’horizon 2030, à travers la réalisation de projets structurants et la modernisation du cadre institutionnel et législatif favorable à l’investissement.

Concernant le partenariat franco-marocain dans le domaine de la transition énergétique, il a estimé que celui-ci revêt une dimension prometteuse, offrant de larges perspectives pour développer des chaînes de valeur communes, l’échange d’expériences et la conception de nouveaux modèles de coopération, notamment dans l’hydrogène vert et les technologies propres.
Pour sa part, la ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leïla Benali, a expliqué que la mise en œuvre de projets destinés à accélérer le développement des énergies renouvelables et à élargir leurs usages a permis de porter la capacité installée à environ 5.600 mégawatts et la part des énergies renouvelables dans le mix électrique à plus de 46% en 2025, renforçant ainsi la sécurité de l’approvisionnement en électricité à faible teneur en carbone.

S’agissant de l’hydrogène vert, la ministre a fait état de progrès concrets enregistrés dans le cadre de la mise en œuvre de l’Offre Maroc, grâce à l’instauration d’un cadre réglementaire et à l’adoption de critères clairs pour l’évaluation des projets d’investissement. Elle a notamment précisé qu’environ 49 investisseurs nationaux et internationaux ont soumis des projets dans ce cadre.

Abordant la question du gaz naturel, considéré comme un levier important de la transition énergétique, Mme Benali a rappelé l’adoption d’une feuille de route dédiée au développement des infrastructures gazières, visant à atteindre la souveraineté énergétique, à réduire l’empreinte carbone du secteur industriel et à renforcer la flexibilité du système électrique.

Elle a également fait savoir que le Maroc poursuit ses efforts en faveur du renforcement des échanges durables d’électricité avec le marché européen, dans le cadre d’un projet de feuille de route impliquant le Maroc, l’Espagne, la France, l’Allemagne et le Portugal, tout en appelant à accélérer sa mise en œuvre.

La ministre a, en outre, mis en avant l’adoption par le Royaume d’un cadre législatif et réglementaire complet consacré à l’efficacité énergétique, deuxième pilier de la transition énergétique, ainsi que le déploiement de mesures et de programmes ayant produit des résultats encourageants en matière de rationalisation de la consommation d’énergie et d’amélioration de l’efficacité énergétique.

Elle a enfin insisté sur l’ambition du Maroc de développer les industries vertes afin de maximiser l’impact socio-économique des projets de transition énergétique, soulignant que la recherche scientifique et la formation constituent des piliers essentiels de cette stratégie et des moteurs clés de l’innovation, de la décarbonisation et du renforcement de la compétitivité industrielle.

De leur côté, les députés français ont salué l’expérience marocaine dans le domaine des énergies renouvelables, qui reflète, selon eux, une vision ambitieuse en faveur d’une production d’énergie propre et durable, socle d’un véritable développement industriel et économique.

Ils ont également relevé que le développement de ces capacités énergétiques contribue au renforcement de la souveraineté nationale, tant sur le plan interne qu’à travers des partenariats équilibrés avec les pays voisins, dans le cadre d’une coopération régionale fondée sur le partage des bénéfices économiques.







Le programme Solar Rooftop 500 (SR500), visant le déploiement de 500 MWc de solaire en toiture et la valorisation des émissions carbone évitées, a été officiellement lancé le 4 février à Casablanca.

Lancé lors d’un événement organisé par Africa Climate Solutions, en partenariat avec le Cluster ENR, ce programme vise à accélérer le déploiement de 500 MWc de solaire photovoltaïque en toiture, en permettant à des projets portés par des entreprises marocaines des secteurs industriel et tertiaire d’accéder à des revenus carbone associés aux émissions évitées, sur la période comprise entre la mise en service des installations solaires et le 31 décembre 2030.

Mis en œuvre dans le cadre de l’Article 6.2 de l’Accord de Paris, ce programme s’inscrit dans le cadre de la coopération climatique entre le Royaume du Maroc et la Confédération suisse, avec pour objectif de mobiliser des mécanismes innovants de finance carbone afin d’accompagner la transition énergétique du tissu productif national.

S’exprimant à cette occasion, l’Ambassadeur de Suisse au Maroc, Valentin Zellweger, a souligné que le programme SR500 permettra à terme le déploiement de 500 MWc de solaire en toiture, soit une capacité comparable à celle de grandes infrastructures solaires du Royaume.

« Cette concrétisation, qui illustre une coopération climatique opérationnelle entre le Maroc et la Suisse, contribue directement à la décarbonation de l’économie marocaine et aux objectifs de compensation carbone de la Suisse », a relevé M. Zellweger.

Par ailleurs, le ministère de la Transition énergétique et du Développement durable (MTEDD), représenté par ses départements en charge du climat et de l’énergie, a mis en avant le programme comme une illustration de l’apport de la coopération internationale à la décarbonation du tissu productif, dans un cadre garantissant l’intégrité environnementale et l’absence de double comptabilisation des émissions évitées.

Il a également été rappelé que l’atteinte de l’objectif de 500 MWc est rendue possible grâce à un cadre réglementaire modernisé, notamment la loi n° 82-21 relative à l’autoproduction et le lancement des certificats d’origine, assurant la traçabilité de l’électricité renouvelable.

Cette cérémonie a été marquée par la signature d’une convention de partenariat entre Africa Climate Solutions et le Cluster ENR. Un panel réunissant le MTEDD, l’Agence marocaine de l’efficacité énergétique (AMEE), la Fondation KliK et le Cluster ENR a, par la suite, porté sur les politiques énergétique et climatique, la finance carbone et l’accompagnement technique, avec des témoignages de premières entreprises bénéficiaires du programme.

À travers SR500, le Maroc et la Suisse réaffirment l’efficacité de la coopération climatique internationale au service du développement de l’autoproduction solaire et de la décarbonation des entreprises.





Dans le cadre de la mise en œuvre des Hautes Orientations de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, visant l’accélération de la transition énergétique du Maroc et conformément aux dispositions législatives en vigueur, le Conseil de l’Autorité Nationale de Régulation de l’Électricité (ANRE), s’est réuni le 28 janvier 2026 à Rabat, à l’effet d’approuver et de publier la capacité d’accueil du système électrique national pour la période 2026-2030.

Cette capacité d’accueil s’est établie à 10429 MW, offrant respectivement, 1091 MW et 3193 MW de capacités d’accueil additionnelles par rapport aux périodes 2025-2029 et 2024-2028, et enregistrant des hausses d’environ 12% et 44% par rapport, respectivement, aux niveaux affichés lors des périodes précitées.

Cette dynamique marque une étape importante dans le développement du marché électrique national, et traduit le renforcement continu des infrastructures électriques nationales en offrant aux opérateurs une visibilité renforcée sur les perspectives d’investissements et de développement à moyen terme.

L’élaboration de cette capacité d’accueil repose sur une démarche méthodique et concertée, associant l’ensemble des gestionnaires de réseaux concernés. Cette approche a permis d’aboutir à une évaluation rigoureuse des capacités effectives des réseaux de transport et de distribution.

La publication de la capacité d’accueil constitue un levier essentiel de transparence et de prévisibilité, tel que prévu par le cadre législatif régissant le secteur. Elle vise à éclairer les décisions des opérateurs publics et privés, ainsi que celles des autorités compétentes.

À cet effet, l’ANRE a développé une plateforme dédiée, accessible via son site web, à destination de l’ensemble des parties prenantes du secteur électrique, notamment les porteurs de projets d’énergies renouvelables.

Par cette décision, l’Autorité réaffirme son engagement à accompagner la mise en œuvre de la politique énergétique nationale, à favoriser une planification optimale des investissements tout en veillant à la préservation de la sécurité, de la continuité et de la performance du réseau électrique du Royaume.

Ce chantier a bénéficié de l’appui financier de deux bailleurs de fonds à savoir la Banque Africaine de Développement et la Coopération Allemande.

La note détaillant la capacité d’accueil du système électrique pour la période 2026-2030, ainsi que la plateforme de publication sont disponibles au lien suivant : www.anre.ma.