Le pétrolier américain Murphy Oil maintient le Maroc parmi ses quatre grandes zones mondiales d’exploration
Murphy Oil conserve donc l’une des quatre grandes zones géographiques qu’il choisit de montrer aux investisseurs lorsqu’il présente ses futures recherches.
Le document daté du 9 septembre, annexé la veille à une déclaration déposée auprès de la Commission américaine des opérations de Bourse (SEC), accompagne l’intervention de son directeur général Eric M. Hambly à la conférence annuelle de Barclays consacrée à l’énergie. Le Maroc y côtoie trois territoires où le groupe mène des travaux à des degrés de maturité très différents : le golfe d’Amérique, la Côte d’Ivoire et le Vietnam.
Cette présence confirme le choix effectué le 22 janvier lorsque l’Office national des hydrocarbures et des mines (Onhym) et Murphy Morocco Oil ont signé l’accord pétrolier relatif à Gharb Deep Offshore, ou Gharb profond en mer. Le périmètre longe la façade atlantique et se compose de dix permis de recherche, numérotés I à X, pour une superficie totale de 16 989,9 km². L’Onhym précise en outre que Murphy Morocco Oil Co., Ltd. appartient intégralement à Murphy Oil Corporation.
La répartition des droits donne au groupe américain la conduite des travaux avec une participation de 75 %, l’Office national des hydrocarbures et des mines (Onhym) détenant les 25 % restants. Murphy traduit l’étendue du domaine en une mesure familière à ses investisseurs américains : plus de quatre millions d’acres, soit l’équivalent de plus de 700 blocs du golfe d’Amérique.
La comparaison souligne la taille de l’emprise accordée au groupe, sans préjuger pour autant des ressources que pourrait contenir le sous-sol.
La comparaison souligne la taille de l’emprise accordée au groupe, sans préjuger pour autant des ressources que pourrait contenir le sous-sol.
La première période exploratoire dure trois ans et ne comporte aucun engagement ferme de forage. Murphy peut donc consacrer cette étape à l’analyse géologique et géophysique, au retraitement des données disponibles et à l’identification de cibles éventuelles avant de décider si un puits mérite d’être engagé.
Le cadre contractuel a, depuis la signature de janvier, franchi une autre étape administrative. L’accord conclu entre l’ONHYM et Murphy Morocco Oil a été approuvé le 3 avril par l’arrêté conjoint n° 753-26 de la ministre de la Transition Energétique et du Développement Durable et de la ministre de l’Economie et des Finances.
Le texte officiel reprend expressément les dix permis Gharb Deep Offshore I à X et leur destination, la recherche et l’exploitation éventuelle d’hydrocarbures.
Murphy explique son entrée au Maroc par des caractéristiques économiques autant que géologiques. Lors de l’annonce de janvier, Eric M. Hambly avait décrit le domaine comme un accès à un bassin pionnier, assorti de coûts d’entrée jugés attractifs et de conditions contractuelles compétitives. Cette appréciation aide à comprendre le choix d’un vaste domaine encore peu avancé : le groupe acquiert une exposition importante à l’Atlantique marocain sans devoir engager immédiatement le coût d’un forage en eaux profondes.
Le Maroc entre ainsi dans une stratégie de recherche qui se distingue des activités déjà productrices de Murphy.
En 2025, le groupe produisait notamment aux États-Unis, au Canada et au Brunei, avec une production mondiale moyenne de 188 682 barils équivalent pétrole par jour. Ses recherches internationales comportent parallèlement des projets en Côte d’Ivoire et au Vietnam, où certaines campagnes sont déjà beaucoup plus avancées que le domaine marocain.
La prochaine étape significative sera donc technique. Elle dépendra des études menées pendant la première période et de leur capacité à faire émerger des cibles suffisamment convaincantes pour justifier un forage. À ce stade, le groupe américain dispose surtout d’un droit d’exploration exceptionnellement vaste sur l’Atlantique marocain, réparti entre dix permis et acquis sans obligation immédiate de puits ; la documentation publiée en septembre montre qu’il entend, pour l’heure, conserver cette option au premier rang de ses recherches internationales.




