Une série d’annonces ont été faites à la COP22 de Marrakech, pour célébrer la journée de l’énergie et donner un coup d’accélérateur aux efforts mondiaux pour décarboner le système mondial d’énergie.

Et pour ce qui concerne le Maroc, Bakkoury a annoncé la signature du closing de 3 nouveaux projets photovoltaïques d’une capacité de 170 MW, avec un nouveau record marocain sur les prix, soit moins de 5 cents de dollars le kwh.

Le Maroc va aussi signer avec la Banque Africaine de Développement un projet de mise en place d’une plateforme d’énergies renouvelables au profit des pays africains qui voudraient s’inspirer de l’expérience marocaine, a-t-il poursuivi.

De même, le Royaume signera aussi des projets concrets avec le Sénégal, Djibouti, mais aussi le Chili, ainsi qu’une déclaration commune avec la France, l’Allemagne, l’Espagne et le Portugal pour travailler au développement des possibilités d’échange d’électricité à travers des réseaux interconnectés.

Selon la secrétaire générale du ministère de l’Industrie, du commerce, de l’investissement et de l’économie numérique (MICIEN), Latifa Echihabi, qui animait à Marrakech une conférence sur le thème « Propriété industrielle : quelle contribution aux solutions pour le traitement des dérèglements et changements climatiques ? », à l’initiative du MICIEN et l’Office marocain de la propriété industrielle et commerciale (OMPIC), plus d’un million de brevets délivrés durant les 20 dernières années dans le monde sont liés à des technologies ou applications visant l’atténuation ou l’adaptation au changement climatique. A noter que, toujours selon Echihabi, seuls près de 10 000 brevets concernent l’Afrique, et le Maroc figure dans le Top 3 africain de dépôts de brevets d’invention en rapport avec le changement climatique aux côtés de l’Afrique du Sud et de l’Egypte.

Rencontre d’importance ce vendredi 11 novembre au Pavillon Maroc à la Zone Bleue entre Ali Fassi Fihri, DG de l’ONEE et Président de l’Association Africaine de l’Eau (AAE), et Guang Z. Chen, Senior Director de l’Eau à la Banque Mondiale. Les discussions ont porté sur la nécessité d’accorder une place privilégiée à l’eau dans les stratégies et programmes de lutte contre le réchauffement climatique, tant au Maroc qu’à l’échelle de l’Afrique. Par ailleurs, au regard du fort déploiement territorial de l’ONEE, l’accent a été mis sur des modèles de partenariat avec la Banque Mondiale basés sur la performance et les résultats. Enfin, l’ONEE et la Banque Mondiale se sont accordés sur l’importance du « Nexus » Eau-Energie pour le développement du secteur de l’eau au Maroc et en Afrique.

Attijariwafa bank a lancé, le 14 novembre à Marrakech en marge de la COP22, le Fonds Africain d’Efficacité Energétique (FAEE), premier fonds d’investissement au Maroc dédié à l’efficacité énergétique avec une enveloppe de départ de 200 millions DH. Lancé en partenariat avec Suma Capital et avec le soutien d’institutionnels marocains de premier plan, à l’image de la Société d’Investissements Energétiques (SIE), la CIMR, Wafa Assurance, AXA Assurance Maroc et Attijari Capital Développement, le FAEE sera doté d’une enveloppe de 200 MDH qui sera portée, à terme, à 500 MDH. Ces capitaux ont vocation à être injectés dans des projets industriels ou de services, destinés à réduire la consommation énergétique des sociétés cibles. Le Fonds FAEE sera géré par une société de gestion conjointement détenue par Attijari Invest S.A (filiale à 100% d’Attijariwafa bank) et Suma Capital SGEIC S.A, une société de gestion basée en Espagne.

Par la même occasion, Attijariwafa bank l’Agence marocaine de l’Energie solaire (MASEN) ont signé un accord visant à mettre à profit leurs expertises respectives en faveur du rayonnement économique régional et international du Maroc. Le Mémorandum institue un cadre de coopération entre ces deux partenaires dans la promotion, le développement et l’essor du secteur des énergies renouvelables, en se soutenant mutuellement par des actions concrètes et conjointes et des projets à responsabilité environnementale et sociale. Cet accord vise également le développement de la finance climatique à travers, à la fois, l’animation, la promotion et l’alimentation du marché des Green Bonds au Maroc et en Afrique. Par ailleurs, Attijariwafa bank et Nareva ont signé un mémorandum d’entente visant à mettre en commun leurs compétences et à accélérer leur développement en Afrique, notamment au Maroc et en Afrique subsaharienne. Bénéficiant de compétences complémentaires, Attijariwafa bank et Nareva, producteur indépendant d’énergie électrique, ont en effet la volonté de mettre en commun leur savoir-faire étendu et leurs expertises reconnues, au service des pays de la région et de doter ainsi l’Afrique des infrastructures énergétiques indispensables à son développement. Le mémorandum d’entente affirme également la volonté, déjà concrétisée, des deux opérateurs de contribuer davantage au développement des infrastructures énergétiques du Maroc conformément à la stratégie nationale, notamment à travers la promotion des énergies renouvelables.

La CGEM a lancé, le 31 octobre à Casablanca, « l’Initiative entreprises climat Maroc » (IECM), une action visant à intégrer les risques et les opportunités climatiques dans les plans de développement des entreprises marocaines.

A travers cette initiative, la CGEM veut accompagner les entreprises dans leur intégration à la dynamique climatique.

L’IECM ambitionne également d’accompagner l’émergence d’une économie verte au niveau national avec un rayonnement attendu au niveau de l’Afrique.

L’IECM vise aussi à récompenser l’engagement de l’entreprise pour le climat par l’adhésion à une Charte climat puis, à moyen terme, l’octroi d’un label climat.

A noter que cette initiative s’articule autour de 4 axes stratégiques : la sensibilisation, la formation, l’accompagnement et le développement.

L’Office National de l’Electricité et de l’Eau Potable (ONEE) a célébré, le 1er novembre 2016, l’installation de sa 9 millionième Lampe à Basse Consommation (LBC). Pour rappel, l’Office a lancé une opération de grande envergure, baptisée « Inara », qui vise le remplacement de 15 millions de lampes à incandescence par des LBC. La première phase de cette opération, lancée en 2007, a été achevée en 2010 et a permis l’installation de 5 millions de LBC au niveau de l’ensemble des communes où l’Office assure la distribution de l’électricité. Et l’évaluation d’impacts de cette 1ère phase a confirmé les effets positifs escomptés, et ce à travers notamment un effacement de la demande aux heures de pointe estimé à 200 MW et une économie d’énergie cumulée d’environ 2 600 GWh. Quant à la 2e phase « Inara II », elle vise à réaliser un effacement prévisionnel de 330 MW durant la pointe ainsi qu’une économie d’énergie de l’ordre de 770 GWh/an. A noter que, à fin octobre 2016, 4 millions de LBC supplémentaires ont été distribuées par l’ONEE à travers le Royaume.

L’organisation de la COP22 au Maroc représente un enjeu politique et économique majeur pour les Etats africains, a estimé le chercheur en migrations internationales et Président fondateur de l’ONG « Horizon sans frontières », Boubacar Séye. « La tenue de la COP22 au Maroc représente un enjeu politique et économique pour les Etats africains qui doivent profiter de cette occasion pour prendre des initiatives et des prospectives stratégiques en vue d’une convergence économique, fiscale, sociale et politique sous le leadership de sa Majesté le Roi Mohammed VI », a-t-il déclaré à la presse. Selon Boubacar Séye, «l’organisation de ce grand évènement en terre africaine est une source de fierté pour nous. Elle témoigne que le continent peut aussi être un carrefour d’échanges et un lieu de communication et de convergence sur des sujets aussi complexes et d’actualité que les changements climatiques ». Dans ce sens, il a relevé que les questions de l’évaluation des risques, la prévention et la gestion des crises et des conflits géopolitiques et géo-économiques, les changements de stratégies et l’harmonisation des politiques de gestion de l’environnement, figurent parmi les principaux sujets qui méritent d’être discutés lors de ce sommet, aux côtés des risques de pollution et d’émission de CO2 et de la relation de causalité migration et changements climatiques avec la recrudescence du phénomène des réfugiés climatiques. Selon M. Séye, « les migrations seront une importante variable structurelle d’ici 2050, échéance à la quelle 2 ou 3 milliards d’individus seront attendus sur notre planète. Les effets des changements climatiques se feront sentir et certaines zones ne pourront plus nourrir leurs habitants ». Le succès de la COP22 est tributaire essentiellement de la mise en place d’un cadre de réflexion pointu et approfondi sur ces problématiques, du développement d’une vision commune et altruiste pour l’humanité et les générations à venir et du lancement d’un dialogue sincère entre les peuples et les sommités de cet événement mondial. La COP22 doit inciter le continent à poser les premiers jalons de son unité, d’organiser la résilience de son économie et la préservation de ses ressources naturelles, a-t-il poursuivi, ajoutant que la volatilité des prix du pétrole et les conséquences qui en découlent risquent de faire du continent un dépotoir de déchets toxiques. Par conséquent, a-t-il lancé, la COP22 doit être une occasion de tirer la sonnette d’alarme et de mettre sur pied une stratégie commune de prévention et de gestion des risques liés aux problématiques de l’environnement.

Le forum Oil and Gas Sustainability s’est tenu le 21 octobre à Marrakech. Ce forum international, organisé par l’ONHYM en perspective de la COP22, a réuni les acteurs nationaux et internationaux du secteur pétrolier et gazier, pour discuter de leur implication dans les problématiques de développement durable et de réduction de gaz à effet de serre. Avec 70 % de l’émission de gaz à effet de serre, l’énergie est au cœur du défi pour une transition énergétique sobre en carbone. Les énergies fossiles connaitront certes une baisse de leur part dans le mix énergétique passant de 82% actuellement à 75% en 203O mais continueront à garder une place prépondérante dans le mix énergétique. Le défi actuel pour les industries pétrolières et gazières est de limiter les effets des émissions de CO2. Plusieurs compagnies pétrolières

et gazières se sont engagées dans des politiques de développement durable dont notamment :

* L’accroissement de la part du gaz naturel, énergie propre, dans le mix énergétique

* La réduction des émissions de méthane et du torchage dans la production du pétrole et du gaz.

* Le développement des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique.

D’ailleurs plusieurs sociétés pétrolières et gazières ont créé en 2014 l’OGCI (Oil Gaz Climate Initiative) pour promouvoir les solutions durables.

Les principales recommandations issues du Forum sont :

* Développement et soutien des énergies renouvelables, à travers notamment l’accroissement des investissements (400 milliards de dollars en 2030).

* Accroissement de l’efficacité énergétique dans tous les secteurs.

* Elimination progressive des subventions aux combustibles fossiles

* Réduction des émissions de méthane provenant de la production de pétrole et de gaz

* Abandon progressif des centrales à charbon les moins efficaces

* Développement de la recherche et de l’innovation pour les technologies à faible intensité de carbone

* Mise en place de mesures dans le secteur du transport (représentant plus de 20% des émissions mondiales de CO2) en déployant l’utilisation des véhicules électriques et les biocarburants

* Accélération des technologies de stockage et de capture de C02.

* Mise en place d’un prix incitatif pour le carbone

Il y a lieu de souligner que le Maroc, grâce à la vision éclairée de Sa Majesté Le Roi que Dieu L’assiste s’est engagé dans une politique de développement durable et de transition énergétique sobre en carbone depuis 2009 avec le développement volontariste des énergies renouvelables (objectif de 52% de la capacité installée en 2030) l’efficacité énergétique, l’introduction plus massive du gaz naturel, la mise à niveau réglementaire avec les lois sur les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique, MASEN, l’agence de régulation électrique, la suppression des subventions aux produits pétroliers.

Le Maroc est reconnu comme modèle au Maghreb, dans la région MENA, en Afrique et dans le monde pour sa politique énergétique et son engagement dans le développement durable. Le modèle Marocain montre que la vision, la détermination et les politiques volontaristes peuvent induire le changement.

L’OCP a été sacré plus grande entreprise marocaine en termes de chiffre d’affaires réalisé en 2015, avec plus de 47,6 milliards de dirhams, selon le classement des 500 plus grandes entreprises marocaines, dévoilé le 19 octobre à Rabat par le mensuel économique Economie & Entreprises.

La cérémonie de remise de ce trophée a eu lieu en marge d’une cérémonie tenue à l’occasion de la traditionnelle soirée « Les 500 » qui souffle cette année sa 15e bougie.

Le Top 10 des plus grandes entreprises marocaines est complété par, dans l’ordre Maroc Télécom (34,1 MMDH de chiffres d’Affaires), ONEE (32,5 MMDH), Groupe Renault Maroc (30 MMDH), Afriquia SMDC (20,7 MMDH), SAMIR (15,5 MMDH), Royal Air Maroc (13,4 MMDH), Vivo Energy Maroc (11,6 MMDH), Total Maroc (10,5 MMDH) et Société Marocaine des Tabacs (10 MMDH).

A noter que le chiffre d’affaires global des 500 plus grandes entreprises marocaines ressort à 569 MMDH, accusant une baisse de 6,9% sur 1 an. Et cette chute s’explique en grande partie par la faillite de la SAMIR.

L’objectif de porter la part des énergies renouvelables de 42% de puissance installée, objectif fixé pour 2020, à 52% à l’horizon 2030, de la capacité électrique au Maroc, a été construit par rapport à une logique d’ambition et de chiffrage, a souligné le président de MASEN, Mustapha Bakkoury.

« Nous avons lancé les renouvelables avec l’idée d’en faire un pilier structurel des métiers énergétiques au Maroc. L’idée est d’aller le plus loin et le plus longtemps possible », a-t-il indiqué dans un entretien publié le 25 octobre sur le site français « L’Usine Nouvelle », notant que le Royaume à également ouvert la porte pour explorer d’autres sources d’énergies comme la biomasse ou les énergies marines pour préparer l’avenir.

« Le renouvelable ferait un peu plus de 12 GW en 2030 », a indiqué Bakkoury, expliquant que le Maroc va ajouter 3GW d’ici 2020 et 6GW de 2020 à 2030 au minimum.

« Pour 2020, le plan de marche a été validé. Celui-ci comprend Noor 2,3 et 4, ainsi que le plan éolien qui est déjà bien avancé ».