
La 9e édition du Salon international des technologies de l’eau, de l’assainissement et de l’énergie (SITeau) a pris fin le 15 mai, avec l’adoption de la Déclaration de Marrakech, un appel à mettre en œuvre une approche systémique face aux crises climatiques, hydriques, énergétiques, alimentaires et sanitaires fragilisant les sociétés contemporaines.
Le document met l’accent sur l’importance de l’adoption de l’approche Nexus Eau-Énergie-Agriculture-Santé, comme cadre structurant permettant de renforcer simultanément la sécurité hydrique, énergétique, alimentaire, sanitaire et écologique.
Le texte appelle aussi à la création de mécanismes interministériels dédiés au Nexus Eau-Énergie-Alimentation-Santé, au développement de cadres réglementaires intégrés, à la mobilisation de financements innovants, au renforcement des systèmes d’information partagés, au soutien aux innovations territoriales, au développement de la médiation pour une gestion inclusive de l’eau à l’échelle des territoires et au renforcement de la diplomatie de l’eau et de la coopération internationale.
Rappelant que l’eau constitue le cœur stratégique des équilibres économiques, sociaux, environnementaux et géopolitiques, la Déclaration de Marrakech plaide en faveur d’une gouvernance territoriale intégrée, fondée sur la planification concertée, le partage des données, les processus de médiation territoriale et des financements favorisant les synergies entre les secteurs.
Elle insiste aussi sur la pertinence de la gestion intégrée des ressources en eau comme fondement opérationnel des politiques publiques, relevant que la coopération et la diplomatie de l’eau constituent désormais des leviers essentiels de stabilité, de paix et de résilience collective, notamment en Afrique et dans le bassin méditerranéen.
La Déclaration appelle également à la mise en place de mécanismes de gouvernance innovants et inclusifs permettant une meilleure coordination intersectorielle, le développement de projets Nexus applicables et finançables, l’intégration de la santé des populations et des écosystèmes dans les politiques publiques, ainsi qu’au recours responsable aux outils numériques et à l’intelligence artificielle pour une gouvernance prédictive des ressources.
Le document souligne que la dimension intergénérationnelle a également été identifiée comme une condition majeure de la résilience, appelant dans ce cadre à une transmission des savoirs entre les générations et à une mobilisation accrue des talents des jeunes en vue d’assurer une transition durable.
Tout en considérant que l’eau est le pilier du Nexus Eau-Énergie-Alimentation-Santé, les participants réaffirment, à travers cette déclaration, leur engagement collectif en faveur d’un modèle de développement résilient, inclusif et durable, basé sur une solidarité renforcée entre les peuples, les générations et les territoires, seule garante de l’avenir de l’humanité en harmonie avec la planète.
Placé sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le SITeau est initié en partenariat avec la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), la Coalition marocaine pour l’eau (COALMA), l’Université Cadi Ayyad (UCA) de Marrakech, ainsi que des acteurs médiatiques et institutionnels, en plus de partenariats spécifiques liés aux différentes séquences du salon.
Le programme scientifique de cette édition comprenait une rencontre intergénérationnelle intitulée « Intergenerational 4 Water », qui a réuni jeunes et experts autour du thème « Le nexus eau-énergie-agriculture-santé au service du développement durable : le cas du Maroc », dans une logique de transmission et de partage d’expériences.
Au menu figuraient également une compétition de golf visant à promouvoir les golfs écologiques, une exposition consacrée aux métiers de l’eau, de l’assainissement et de l’énergie avec l’intégration des secteurs de l’agriculture et de la santé, en plus d’un atelier ludique destiné aux enfants, axé sur le thème « L’eau, école de citoyenneté ».
Cérémonie de remise du Prix international GAÏA 2026
La cérémonie de remise du Prix international GAÏA 2026 a eu lieu, vendredi à Marrakech, dans le cadre de la 9e édition du Salon international des technologies de l’eau, de l’assainissement et de l’énergie (SITeau), en présence de nombreuses personnalités du monde académique, institutionnel et associatif.
Ce prix distingue des figures engagées en faveur de l’environnement, de la recherche scientifique, du dialogue entre les peuples et du développement durable, tout en mettant en lumière des parcours inspirants au service des sociétés méditerranéennes et africaines.
Ainsi, le Prix international GAÏA 2026 (catégorie « Rive Sud ») a été décerné à Soukaina Bouraoui (Tunisie), qui s’est illustrée par son engagement en faveur des droits des femmes, du dialogue euro-méditerranéen et du droit de l’environnement.
Directrice exécutive du Centre de la Femme Arabe pour la Formation et la Recherche (CAWTAR) et fondatrice de plusieurs initiatives académiques pionnières dans le monde arabe et africain, cette universitaire de renom a également contribué au rayonnement de la recherche scientifique sur les questions liées au genre, à l’urbanisme et au développement durable.
Le Prix « Rive Nord » est revenu à SAR le Prince Nicolas Petrovitch Njegosh (Monténégro), un fervent défenseur des causes écologiques engagé dans les domaines de l’urbanisme, de l’environnement et de la culture ayant également contribué à la mise en place du Prix GAÏA.
Pour ce qui est du Prix du Pays d’accueil « L’Autorité scientifique », il a été attribué au Pr. Mohamed Naciri, figure majeure de la recherche urbaine et rurale. Reconnu pour ses travaux intégrant les dimensions historiques et anthropologiques dans l’analyse des phénomènes d’urbanisation, il a consacré une grande partie de sa carrière à l’étude des problématiques du développement rural et territorial au Maroc.
S’agissant du Prix international GAÏA, catégorie « la Recherche scientifique », il a été remis au Pr. Laila Mandi, de l’Université Cadi Ayyad de Marrakech, en reconnaissance de son parcours remarquable dans les domaines de l’eau et de l’environnement.
Chercheuse de renommée internationale, cette universitaire a initié et coordonné plusieurs projets innovants liés au traitement des eaux usées à faible coût et au renforcement du lien entre la recherche scientifique et le monde socio-économique. Son engagement lui a valu de siéger au sein de plusieurs organismes scientifiques internationaux spécialisés dans les questions de l’eau et de l’assainissement.
Le Prix spécial « Jeunesse & Innovation » a été décerné à Aymane Ben Jaa, jeune marocain installé en France et fortement engagé dans le rapprochement entre les deux rives de la Méditerranée.
Responsable du pôle jeunesse du Cercle Eugène Delacroix et récemment nommé à la tête de la Communauté méditerranéenne des énergies renouvelables (CEMER), il multiplie les initiatives citoyennes en faveur du dialogue, de la coopération internationale et de la paix. Il est également l’un des principaux organisateurs de l’événement « Une Voix pour la Paix », consacré à la promotion de la tolérance et du dialogue interreligieux.
Lors de cette cérémonie, des hommages posthumes appuyés ont également été rendus à deux grandes figures marocaines ayant marqué, chacune dans son domaine, les champs du savoir, de la culture et du patrimoine.
Ainsi, un vibrant hommage a été rendu à feu Ahmed Ghazali, ingénieur, écrivain, muséologue, homme de théâtre et de culture.
Passionné par la valorisation du patrimoine, il a contribué à la création de plusieurs musées en Europe, en Asie et dans le monde arabe, notamment le Musée de la civilisation de l’eau du Maroc à Marrakech. Cofondateur de l’organisation culturelle « Jiwar Creation and Society », basée à Barcelone, il a œuvré au rapprochement entre les cultures et à l’encouragement de la création artistique.
Un hommage a également été rendu au Pr. Mohamed El Faïz, universitaire de renom, économiste, historien de l’agronomie et spécialiste des jardins arabes. À travers ses recherches et ses publications, le défunt a consacré une part importante de son parcours à l’étude des savoirs scientifiques, agricoles et culturels au Maroc et dans le monde arabe.