Exploration pétrolière : Murphy Oil place le Maroc parmi ses priorités
Dans sa présentation des résultats du deuxième trimestre 2026, publiés le 6 août, le groupe pétrolier américain Murphy Oil fait du Royaume l’une de ses quatre zones prioritaires d’exploration, aux côtés du golfe d’Amérique, de la Côte d’Ivoire et du Vietnam.
Une place à part entière dans un portefeuille international où l’exploration est présentée comme un moteur de croissance pour la compagnie. Cette présence intervient quelques mois seulement après l’arrivée de Murphy Oil au Maroc. En janvier dernier, le groupe a conclu avec l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) un accord pétrolier portant sur Gharb Deep Offshore, un vaste domaine situé au large de la façade atlantique nord-ouest.
Le périmètre couvre dix permis de recherche pour une superficie totale de 16.989 km². Murphy y détient une participation de 75%, contre 25% pour l’ONHYM. À l’échelle utilisée par le groupe américain, cette implantation représente plus de quatre millions d’acres, soit quelque 700 blocs du golfe d’Amérique. Une emprise conséquente pour une première entrée sur le marché marocain, mais qui reste, à ce stade, entièrement consacrée à l’exploration.
La première phase du programme doit durer trois ans et ne prévoit aucun engagement ferme de forage. Murphy Oil dispose d’une période destinée avant tout à mieux connaître le sous-sol et à affiner les cibles potentielles. Les travaux engagés portent, notamment, sur l’analyse des données géologiques disponibles et le retraitement de la sismique existante.
La présence du Maroc parmi les quatre zones mises en avant est d’autant plus notable que les trois autres sont déjà à des stades plus avancés. En Côte d’Ivoire, Murphy vient d’annoncer une découverte pétrolière sur le puits Bubale-1X et a engagé un programme d’évaluation. Au Vietnam, le groupe poursuit à la fois ses travaux d’exploration et d’évaluation, tandis que dans le golfe d’Amérique, les découvertes Cello-1 et Banjo-1 réalisées au premier semestre ont déjà débouché sur une décision de développement.
Le Maroc se distingue donc par un profil différent. Il s’agit d’une implantation récente, encore au début de son cycle d’exploration, mais intégrée d’emblée à la carte des principaux terrains prospectifs de la compagnie. Cette ambition s’accompagne de moyens financiers importants : sur les 476 millions de dollars de dépenses d’investissement engagées par Murphy Oil au deuxième trimestre, 119 millions ont été consacrés à l’exploration et 17 millions à l’évaluation de découvertes. Le développement des actifs existants a, de son côté, absorbé 340 millions de dollars. La compagnie a produit en moyenne 169.000 barils équivalent pétrole par jour sur la période, avec un mix composé à 50% de pétrole, 7% de liquides de gaz naturel et 43% de gaz naturel. Elle affiche parallèlement un flux de trésorerie disponible de 110 millions de dollars et une dette nette de 1,067 milliard.




