Ifrane : Des experts se penchent sur les défis et les perspectives de l’Entrepreneuriat Vert en Afrique
La 4ᵉ édition du Forum « Entrepreneuriat Vert en Afrique Francophone », s’est ouverte, le 15 juin à Ifrane, avec la participation d’acteurs institutionnels, experts, chercheurs, entrepreneurs et porteurs de projets issus de plus de quinze pays d’Afrique.
Organisé par l’Agence pour le Développement Agricole (ADA) et l’Association Initiatives Climat, en partenariat avec le Ministère de la Transition Énergétique et du Développement Durable, l’agence nationale des eaux et forêts (ANEF), l’Université Al Akhawayn, le PNUD et la GIZ, cet événement s’inscrit dans une dynamique de coopération africaine autour du thème « Résilience climatique et agriculture, économie circulaire et valorisation de la biomasse ».
Intervenant à l’ouverture de cet évènement, le directeur de la coopération du partenariat et de la communication au ministère de la Transition énergétique et du Développement durable, Rachid Firadi, a souligné l’engagement du Maroc en faveur d’un modèle de développement conciliant croissance économique, inclusion sociale et protection de l’environnement.
Il a ajouté que cette orientation s’inscrit dans la Stratégie Nationale de Développement Durable à l’horizon 2035 et la stratégie énergétique nationale visant à renforcer la part des énergies renouvelables et à réduire les émissions de gaz à effet de serre conformément aux engagements climatiques du Royaume.
Détaillant les efforts engagés par le ministère de la Transition énergétique et du Développement durable a mis en place plusieurs initiatives destinées à soutenir l’innovation et l’entrepreneuriat vert, notamment le programme Cleantech Maroc, destiné aux startups, TPE, PME et auto-entrepreneurs.
Ce programme accompagne, a-t-il précisé, les porteurs de projets dans les domaines de la gestion des déchets, de l’eau, de l’efficacité énergétique, des énergies renouvelables et du bâtiment durable, tout en leur offrant un appui technique, financier et un accès à des compétitions internationales.
Après avoir rappelé que l’Afrique, continent le plus jeune au monde, est particulièrement exposée aux effets du changement climatique malgré sa faible contribution aux émissions mondiales, Firadi a mis l’accent sur l’importance de la coopération Sud-Sud, érigée en priorité par le Maroc sous l’impulsion de Sa Majesté le Roi Mohammed VI.
De son côté, le directeur de l’économie forestière, de l’animation territoriale et du partenariat à l’Agence Nationale des Eaux et Forêts (ANEF), Jamal Eddine Ouchkif s’est dit en faveur de la construction des modèles de développement plus résilients, inclusifs et durables face aux défis environnementaux et climatiques, soulignant que cette transformation repose sur l’innovation, l’entrepreneuriat et une meilleure valorisation des ressources naturelles.
Les forêts marocaines occupent une place stratégique grâce à leur richesse en biodiversité et aux services écologiques et économiques qu’elles fournissent, a-t-il noté, rappelant qu’elles représentent également un important potentiel de création d’emplois, de revenus et d’opportunités pour les populations locales.
Ouchkif a mis l’accent dans ce cadre sur l’importance de la stratégie « Forêts du Maroc 2020-2030 », lancée sous l’impulsion de Sa Majesté le Roi Mohammed VI avec pour objectif de préserver et restaurer les écosystèmes forestiers tout en plaçant les populations locales au cœur de leur gestion, ajoutant que l’ANEF œuvre à promouvoir des initiatives entrepreneuriales durables et des solutions innovantes conciliant développement économique et protection de l’environnement.
Le doyen de la formation continue à l’université Al Akhawayn, Abdelkrim Marzouk a mis en garde, lui, contre le danger de l’inaction face aux défis des changements climatiques, estimant que l’économie circulaire et la valorisation de la biomasse représentent de véritables leviers pour une transition agricole et industrielle durable en permettant de réduire les déchets, de mieux utiliser les ressources et de renforcer la résilience des systèmes de production face aux chocs environnementaux.
Il a plaidé pour la promotion de solutions innovantes en favorisant les échanges entre la recherche scientifique, l’innovation technologique et les pratiques de terrain.
Les autres participants ont souligné l’importance de renforcer les synergies entre les pays africains afin de faire face aux défis climatiques qui impactent de plus en plus les secteurs agricoles, forestiers et énergétiques, en mettent en lumière des initiatives innovantes développées sur le continent pour améliorer l’adaptation des territoires aux changements climatiques tout en créant des opportunités économiques durables.
Cette première journée a été également marquée par la remise des Trophées ICAF 2026 (8è édition), qui a distingué sept initiatives marocaines pour leur contribution à la lutte contre les changements climatiques et au développement durable.
Créé à la suite de la COP22 organisée au Maroc, le programme Initiatives Climat Afrique Francophone (ICAF) s’est progressivement imposé comme une plateforme de référence pour la coopération Sud-Sud en matière d’action climatique. Aujourd’hui, il fédère plusieurs centaines d’initiatives et de porteurs de projets à travers un réseau couvrant quinze pays africains.
Les débats se poursuivent trois jours durant autour de l’agriculture climato-résiliente, considérée comme l’un des principaux leviers pour garantir la sécurité alimentaire du continent. Agroécologie, semences adaptées aux conditions climatiques extrêmes, biofertilisants, gestion durable des sols et innovations technologiques figurent parmi les thématiques abordées.
Les participants découvrent également les avancées du Cluster Africain Agroécologie, un réseau présent dans treize pays africains et engagé dans la promotion de pratiques agricoles durables.
L’économie circulaire et la valorisation de la biomasse occupent également une place centrale dans les discussions. Plusieurs projets africains illustrent les possibilités offertes par la transformation des déchets agricoles et forestiers en ressources à forte valeur ajoutée.
Biochar, biogaz, briquettes écologiques, matériaux biosourcés et solutions énergétiques adaptées aux zones rurales témoignent du potentiel d’innovation du continent dans ce domaine. Le Cluster Africain Charbon Vert présente à cette occasion les résultats obtenus depuis sa création en 2019 et les impacts positifs générés au profit des communautés locales.
Des ateliers de formation, des séances de réseautage et des rencontres entre étudiants de l’Université Al Akhawayn et entrepreneurs africains sont prévus, l’occasion d’échanger leurs expériences, de développer des partenariats et d’explorer de nouvelles perspectives.
À travers cette manifestation, le Maroc confirme sa position de plateforme régionale pour le dialogue et la coopération climatique en Afrique, selon les organisateurs, qui précisent que le forum d’Ifrane illustre la volonté commune des acteurs africains de promouvoir des solutions locales, innovantes et inclusives, capables de répondre aux défis environnementaux tout en favorisant la création d’emplois verts et le développement durable des territoires.




