Le Maroc mise sur la valorisation énergétique des déchets avec un projet de 1,3 milliard d’euros
Le Maroc s’oriente vers le renforcement de la valorisation énergétique des déchets à travers un projet d’envergure à Casablanca, dont l’investissement est estimé à quelque 1,3 milliard d’euros, rapporte le site d’information portugais Jornal PT Green, qui le présente comme l’un des plus importants projets de ce type en Afrique.
Dans un article publié le 8 août, le média spécialisé dans la transition énergétique et l’économie circulaire indique que cette installation, la première du genre au Maroc dans le domaine du traitement intégré et de la valorisation énergétique des déchets, sera implantée à proximité de la décharge de Médiouna. Elle aura une capacité de traitement d’environ 1,5 million de tonnes de déchets ménagers par an et devrait produire près de 1 térawattheure (TWh) d’électricité.
Le projet vise à transformer le modèle de gestion des déchets ménagers dans la région du Grand Casablanca, qui compte plus de 4,2 millions d’habitants, en portant le taux de valorisation des déchets à près de 80 % et en réduisant le recours à l’enfouissement, tout en contribuant à soutenir la transition énergétique du Royaume, précise le média digital.
Sur le plan économique, Jornal PT Green relève que la phase de construction du projet, qui devrait s’étendre sur environ trois ans et demi, mobilisera quelque 1.240 travailleurs, auxquels s’ajouteront près de 300 emplois liés aux infrastructures connexes. En phase d’exploitation, environ 140 emplois permanents et qualifiés devraient être créés.
Le projet est le fruit d’un partenariat entre la société marocaine Nareva, la société suisse Kanadevia Inova et le groupe japonais Itochu, précise le site, ajoutant que les parties concernées ont signé un contrat de concession avec la commune de Casablanca, ainsi que des accords de vente d’électricité avec la Société régionale multiservices Casablanca-Settat et l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE), selon un communiqué de la société suisse.
L’installation sera dotée d’une capacité électrique installée d’environ 126 mégawatts, ainsi que d’une centrale solaire photovoltaïque d’une puissance de 50 mégawatts-crête et d’un système de récupération du biogaz de la décharge d’une capacité de 4 mégawatts. Ces infrastructures permettront de produire suffisamment d’énergie pour couvrir les besoins d’environ un million d’habitants.
Le projet intervient dans un contexte de hausse mondiale de la demande d’électricité, y compris au Maroc, où celle-ci devrait progresser de 3 % par an jusqu’en 2030, ajoute-t-on.
Selon Kanadevia Inova, le passage de l’enfouissement des déchets à leur valorisation énergétique permettra de réduire les émissions de gaz à effet de serre, notamment grâce à la diminution des émissions de méthane et à la production d’électricité propre.
Le média portugais met également en avant l’impact environnemental du projet, notamment en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de méthane liées à l’enfouissement des déchets. Il souligne, en outre, que l’installation sera conçue pour permettre, à terme, l’intégration de technologies de captage et de stockage du carbone, en cohérence avec les objectifs à long terme du Maroc en matière de décarbonation.




