Marrakech : L’énergie décentralisée, levier de souveraineté énergétique et de développement territorial durable
L’énergie décentralisée se veut un levier stratégique pour renforcer la souveraineté énergétique du Maroc, accroître la résilience des territoires et stimuler la compétitivité socioéconomique au niveau régional, ont souligné les participants à une rencontre, organisée le 18 juin à Marrakech.
Organisée par l’Initiative IMAL pour le climat et le développement et l’Alliance marocaine pour le climat et le développement durable (AMCDD), cette rencontre a marqué le lancement d’un cycle de douze rencontres régionales consacrées à l’énergie décentralisée et à son rôle dans le développement territorial durable.
Intervenant à cette occasion, le directeur et co-fondateur de l’IMAL, Rachid Ennassiri, a présenté les principaux résultats du rapport de l’Institut consacré au potentiel des systèmes énergétiques renouvelables décentralisés dans les différentes régions du Royaume.
Il a indiqué que l’étude met en évidence la capacité du Royaume à accélérer sa transition énergétique territorialisée à travers le développement du solaire décentralisé, du stockage et des réseaux intelligents, notant qu’à l’horizon 2035, le scénario médian prévoit l’installation de 17,15 gigawatts de capacités permettant une production de 40,1 térawattheures d’électricité.
Ce développement représenterait un marché estimé à 18,65 milliards de dollars, permettrait d’éviter près de 28,91 millions de tonnes d’émissions de dioxyde de carbone et contribuerait à la création d’environ 26.000 emplois directs et indirects, a-t-il précisé.
S’agissant de la région de Marrakech-Safi, M. Ennassiri a fait savoir que le déploiement de 1,639 gigawatt de capacités solaires décentralisées pourrait générer près de 3,2 térawattheures d’électricité à l’horizon 2035, soutenir un marché estimé à 1,64 milliard de dollars et créer près de 2.500 emplois directs et indirects.
De son côté, l’associé senior de l’IMAL, Anas Hmimad, a mis l’accent sur l’importance du cadre législatif régissant l’autoproduction d’électricité, notamment la loi 82-21, qui ouvre de nouvelles perspectives aux ménages, entreprises et collectivités territoriales souhaitant produire et consommer leur propre énergie.
Le développement de l’énergie décentralisée, a-t-il poursuivi, constitue une opportunité pour consolider la souveraineté énergétique du Royaume, valoriser les ressources locales et favoriser l’émergence d’un modèle énergétique plus résilient et inclusif.
Hmimad a, dans la foulée, attiré l’attention sur la nécessité de sensibiliser les différents acteurs aux opportunités offertes par ce cadre juridique et de promouvoir une meilleure appropriation des mécanismes permettant d’accélérer le déploiement des systèmes énergétiques décentralisés au niveau territorial.
Cette rencontre a offert l’occasion d’un échange fructueux entre des représentants des institutions publiques, des acteurs économiques, des experts, des chercheurs et des membres de la société civile autour des moyens d’accélérer la transition énergétique territoriale et de favoriser l’adoption de solutions énergétiques durables et inclusives.
Le cycle des rencontres régionales initié par l’IMAL et l’AMCDD ambitionne de couvrir les douze régions du Royaume afin de mettre en lumière les opportunités offertes par l’énergie décentralisée et de contribuer à l’atteinte des objectifs nationaux en matière de transition énergétique et de développement durable.




